Conditions glaciales dans les White Mountains (3-4 mars 2026)

Les paysages que nous offrent les White Mountains en hiver sont toujours les plus beaux selon moi. Surtout lors de journées ensoleillées. Mais dès qu’on dépasse la ligne des arbres, il faut être prudent. On y est plus vulnérable. En hiver, il faut être encore plus vigilant et bien préparé.

La double traversée de la Présidentielle dans les White Mountains est déjà un défi colossal. En hiver, on ajoute un niveau de difficulté supplémentaire. Le parcours passe par les plus hauts sommets du Nord-Est des É-U…à deux reprises. Deux passages par le pic du mont Washington qui culmine à 1917 mètres d’altitude.

Le périple est long

Je dois prévoir 15-20 heures pour parcourir les 60 km.Un trajet qui débute à la route 302 vers le premier sommet, le mont Pierce et dont le turn around est au stationnement Appalachia sur la route 2 après avoir monté le mont Madison.

L’aventure est exigeante

Le terrain est rocailleux. Il y a plus de 5500 mètres de D+ et beaucoup de D-. En hiver, le sentier est glacé. Et il faut composer avec le froid et nulle part pour se camoufler.

Les conditions météorologiques sont changeantes

C’est plutôt rare les journées entièrement dégagées sur ces sommets. Il faut bien se renseigner. Je rends visite au site du MW Observatory plusieurs fois dans les jours précédant mon départ. Je veux connaître la température, le refroidissement éolien, la visibilité, la force des vents, s’il va neiger. Plein d’informations utiles pour décider de l’heure de mon départ ou tout simplement, ne pas y aller.

Mes atouts : la connaissance du terrain et ma forme physique

Ce sera ma 10e double traversée. J’ai fait encore plus de traversées aller-retour de la Présidentielle Sud sur le Crawford Path. Le mont Washington, je l’ai gravi par tous les sentiers. Je l’ai déjà atteint 82 fois depuis 2013. J’y ai couru la nuit, sous la pluie, dans la brume. Aussi, mon parcours à la course m’a amené sur des distances d’ultramarathons depuis 2011. Mon corps et ma tête sont habitués à de longues distances. Plus de 60 ultramarathons avec dossard et plus de 80 défis sans dossard dont plusieurs dans les Montagnes Blanches. Mais la double traversée par temps glacial, je ne l’ai jamais faite. Quelques sommets ici et là mais jamais la double traversée.

Dodo tôt. Réveil nocturne à 00h15. Départ de Sherbrooke vers 1h.

Aux douanes: « Why so early? » Ma réponse: « It’s a long hike. »

Départ de la double traversée à 3h40 le matin.

Froid: -25°C au départ et -35°C avec facteur vent à -45 au sommet.

Venteux: bourrasques de 120 km/h au sommet de Washington avec des vents soutenus de 80-100 km/h.

Ensoleillé la première moitié du trajet.

Nuageux ensuite avec visibilité (très) réduite.

Un beau cocktail au-dessus de la ligne des arbres.

Mont Washington #83 et #84 pour moi.

Au total: 60 km / 5600 mètres D+ en 15h30.

Pour une randonnée réussie, il faut des vêtements appropriés

Il faut investir dans des vêtements de qualité. Mes bas Nordic Socks ont tenu mes pieds au chaud. Ma culotte, ma combine et mon gilet première couche Ice Braker bien collés au corps gardaient ce dernier au sec. On ajoute un hoodie Patagonia et un pantalon Salomon pour la partie sous les arbres. À découvert, j’enfile un manteau coupe-vent et plus près du sommet de Washington, c’est un Gore-Tex, un essentiel pour toutes les saisons dans les Whites. Je trimbale aussi un manteau doudoune, un pantalon coupe-vent et un long short de ski nordique. Gants, mitaines, balaclava et tuque complètent mon arsenal.

Pour une randonnée réussie, il faut un système de navigation efficace

Mon Garmin Explorer est toujours avec moi dans les Whites. Je ne l’ai utilisé qu’une fois depuis 2013. Dans une descente du mont Adams dans les nuages, la nuit. J’ai trouvé la trace que je devais suivre, je me suis orienté et je suis parvenu sous les nuages. L’intérêt de transporter cet appareil est pour son option d’envoi de messages S.O.S. en cas de besoin.

Le meilleur système de navigation, c’est le randonneur. Savoir lire une carte, lire le terrain. Reconnaître des indices au sol pour suivre la bonne trace lorsque la visibilité est réduite ou en pleine nuit: les roches usées, la neige compactée, le sentier glacé. Comment le vent frappe mon visage pour une bonne orientation sur le sentier. Connaître toutes les issus de sortie.

Pour une randonnée réussie, il y a aussi quelques équipements incontournables

Des crampons. Toujours trainer vos crampons en hiver et au printemps dans vos sorties de hiking. Dans les Montagnes Blanches, il faut des crampons agressifs. J’ai bien aimé mes Spike Ultra de Life Sports Gear.

Avec un départ nocturne et un retour à la noirceur, il faut une lampe frontale fiable. Ma Go’Lum a fait ses preuves pour une autonomie prolongée. J’ai aussi testé la Tiny Helio de Flextail. Légère et faisceau qui m’a bien guidé jusqu’au lever du soleil. Une belle petite lampe frontale de secours.

Une randonnée réussie, c’est être à l’écoute de son corps et de la montagne

Lorsque je m’imagine sur le sentier au-dessus de la ligne des arbres, j’ai l’impression d’être vulnérable. Un petit point dans cette immense étendue hostile. Mais, quand je vis mon aventure, tout revient à moi, ma bulle. Une bulle que je contrôle, que je maîtrise et qui avance. Aucune place à la panique. Je ne dois pas être distrait non plus. Mes sens doivent capter toutes les subtilités de l’environnement et les signaux de mon corps pour que je puisse m’adapter.

Et tranquillement, j’avance sur le sentier.

Puis la noirceur s’installe.

Et tranquillement, j’avance sur le sentier illuminé par ma lampe frontale.

Et je retrouve ma voiture au terme de cette expédition extraordinaire.

Dès le lendemain, une plus courte aventure m’attend

Il a neigé dans la nuit. Les raquettes sont de mise. J’ouvre le sentier vers le sommet du mont Lafayette cette fois. Encore du froid et de forts vents. Avec la neige récente, c’est la poudrerie sur la partie exposée de la montagne. Les cairns sont visibles à travers les rafales. Une vue exceptionnelle au sommet : un undercast dans la vallée avec au loin le pic enneigé du mont Moosilauke.

Soyez toujours prudent dans vos aventures dans les White Mountains. Avec de bons équipements et de bons vêtements, on peut s’y amuser mais toujours bien connaître ses capacités. Et peut-être tester le terrain lors d’une saison plus clémente avant de s’y aventurer l’hiver.

Traces Strava Double Présidentielle et Mont Lafayette

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Sur la voie du guerrier Awdowinno

La nuit est calme. Un peu froide. Mais le versant de la montée et de la descente est bien protégé du vent qui sévi au sommet. Une montée par le sentier l’Intrépide avec des sections techniques où l’usage des cordes est nécessaire pour gravir les parois rocheuses glacées. Une descente sur le sentier Panoramique qui se négocie à merveille. Un sentier nivelé par l’accumulation de neige et les passages répétés des randonneurs durant l’hiver.

Je suis seul sur les sentiers.

À cette heure, qui d’autre voudrait abandonner la chaleur des couvertures pour passer une nuit blanche à courir? Cette solitude ne m’effraie pas. Je la recherche, même. Une opportunité de me retrouver, de réfléchir, sur moi, sur ce qui est important pour moi. Aucune musique dans les oreilles, je n’écoute que le murmure de la nature, ma respiration et le bruit de mes pas dans la neige.

Et j’accumule les montées et les descentes. Chaque montée se termine en touchant la croix qui domine le sommet. Chaque descente se solde par un moment plus ou moins long pour me ravitailler à ma voiture.

Le majestueux mont Ham culmine dans la MRC des Sources. Ce parc régional accorde une importance fascinante à la culture autochtone. Chaque montée débute par un sentier plat d’environ 300 mètres dans le secteur Waban-aki de la montagne, un sentier d’interprétation où la culture des premiers peuples est omniprésente. Un rite de passage où je m’imprègne de cette énergie bienveillante avant d’entreprendre l’ascension. La fin du trajet se termine par ce même sentier. Une fin de parcours qui me rappelle toute cette chance que j’aie de fouler ce territoire en harmonie avec la nature. Ceci ne commande que du respect.

Normalement, la montagne n’est pas accessible en soirée et pendant la nuit sauf pour les campeurs ou lorsqu’il y a des activités organisées. Au préalable, j’avais communiqué avec le directeur du Parc régional du mont Ham pour qu’il m’autorise à réaliser mon défi. J’ai devancé le début de mon défi au 13 février en fin de journée comme un froid glacial s’annonçait dans la nuit du 14 au 15 février. Malgré un réveil à 6h du matin pour entreprendre ma journée de travail, le soleil qui brille est si invitant que je me lance dans mon odyssée, sans repos, dès 16h40.

Le premier pas est toujours le plus important. Il permet de surmonter l’inertie. On dit souvent qu’il est le plus difficile. Dans mon cas, il ne l’est pas. Il demande beaucoup de courage cependant. Le courage de faire ce premier pas, précurseur à des milliers d’autres. Le courage de partir le chrono en sachant que mon périple se déroulera sur près de 24 heures. Comme dans tous les défis et les épreuves que j’ai surmontés, il faut y aller une étape à la fois. Il ne faut pas penser à la fin du défi. Seulement se laisser transporter par le moment présent.

Avant de me retrouver seul dans la nuit, seul avec mes pensées, ma soirée est agrémentée de quelques moments drôles. Un couple, qui a établi leur campement au sommet de la montagne, m’encourage à chacun de mes passages au sommet. Le faisceau de ma lampe frontale leur annonce ma présence alors qu’ils sont blottis dans leur tente. Et jusqu’à ce qu’il s’endorme, ils m’applaudissent. Et soudainement, à 3h du matin, leurs cris retentissent à nouveau. Heureusement, ils me confirment que je ne les ai pas réveillés.

À la base de la montagne, cette fois, un groupe transporte leurs effets vers leur campement. Pour faciliter le transport de tout ce matériel, ils ont la bonne idée d’emprunter le sentier Waban-aki … avec leur voiture. Bien que le sentier soit assez large, une manœuvre vers le bas-côté a vite transformé leur soirée en épreuve de solidarité. Pendant 3-4 heures, ils ont utilisé plusieurs astuces pour déprendre la voiture enlisée sur le fragile sentier. Ils ont trouvé bizarre que je m’amuse à monter et à descendre la montagne durant de nombreuses heures. Et moi, j’ai suivi avec intérêt leur péripétie jusqu’à 1-2 heure du matin.

La soirée et la nuit sont souvent des moments difficiles pour maintenir le rythme. Plein de signaux sont envoyés au cerveau pour arrêter et se reposer. La fatigue s’installe. Mais dans ce défi, tout est différent. Je demeure bien éveillé durant toute la nuit. Aucun signe de faiblesse. Aucun signe d’endormissement.

Et au matin, tout se gâte. Lors de la 15e ascension, les précipitations de neige débutent. Ce qui est normalement féérique et agréable affecte grandement ma foulée lors de l’ascension. Le sentier dur est maintenant meuble. Beaucoup d’énergie est dépensée pour chacun de mes pas. Tout devient laborieux. Les allers-retours s’allongent. J’ai juste hâte de terminer.

Et puis, à la fin de ma 17e descente, Guillaume, un coureur de Plessisville, m’attend. Je ne le connais pas. Il a entendu parler de mon défi et a choisi de m’accompagner pour quelques tours en ce samedi matin. Eh bien, sa présence va changer totalement l’état d’esprit dans lequel je m’enfonçais. En jasant avec lui, j’oublie ma fatigue, mes douleurs se dissipent et je retrouve ma vitesse. Les sentiers ne m’apparaissent plus aussi difficile. Mon sourire revient. Je rayonne en croisant tous les randonneurs matinaux. Ceux-ci sont surpris de me croiser 2-3 fois. Ils sont encore plus ébahis quand je leur mentionne que j’en suis à ma 18e, 19e ou 20e montée.

Le défi consistait à accumuler, en dénivelé positif, l’équivalent de l’altitude du mont Everest de 8850 mètres. La cible est atteinte à ma 21e ascension. C’est lors de cette dernière montée que j’aie rendu visite au guerrier Awdowinno installé sur une crête près du sommet. Je crois bien avoir l’âme du guerrier par ma discipline, ma détermination, ma force et ma résilience face aux obstacles, ma capacité de transformer des objectifs en réalité, mon passage à l’action. Je puise mon identité dans mes actions à la course entre autres. Mais, rien n’est facile. Personne ne peut réussir seul.

Au terme de mon défi, je vais remercier les responsables du parc dans le bâtiment principal. Quel accueil j’ai reçu par les responsables mais aussi par les randonneurs !!! La nouvelle de mon accomplissement s’est propagée comme une traînée de poudre. Je me suis même fait assaillir par un groupe de jeunes randonneurs venus de la Rive-Sud de Montréal pour explorer le mont Ham. Ils auraient pu choisir le confort de leur maison. Mais, non, leur objectif est de gravir différents sommets les weekends. Pour un pédiatre qui prône l’activité physique, être en mouvement pour la santé, je ne pouvais que célébrer leur réalisation. Ceux-ci avaient maintes et maintes questions pour moi. Sans jugement. Leur rencontre a ajouté du bonheur à ma journée déjà réussie. L’un d’eux m’écrira plus tard que notre rencontre l’a inspiré à continuer à s’entraîner pour atteindre des objectifs plus hauts. J’ai prévu un petit meeting Teams avec eux pour leur présenter les différents sommets accessibles au Québec et aux États-Unis.

Oui, je fais des choses exceptionnelles à la course. J’exploite mon talent. Je me sens bien lorsque je suis en mouvement. Et de voir l’impact de mes réalisations sur les autres, la motivation et l’inspiration que ça entraîne, c’est tout aussi gratifiant que de réussir mes objectifs.

Maintenant, il est temps de donner et de partager.

Les 14-15 mars prochain, je vais participer à l’événement Ski Ta Vie qui récolte des fonds pour 6 fondations de la région de l’Estrie. Pendant 24h, je vais monter et descendre le mont Giroux en mode randonnée alpine (skimo). J’ai dans la mire ma marque de 2023 : 43 montées-descentes et 11000 mètres de dénivelé positif.

Formez une équipe et venez vous amuser à la montagne 😁 Venez m’encourager👏. Et donnez généreusement 🫶. Je suis inscris sous le nom Team Sébastien😎

https://coolecto.com/campagne/3604

Aussi, le 25 mars à midi, dans le cadre des conférences Ingéniosité sans frontières de l’Institut Interdisciplinaire d’Innovation Technologique, au côté de Philip Oligny, nous présenterons gratuitement « Courir ensemble : de solitaire à solidaire ». Conférence pour tous. Au plaisir de vous y retrouver en personne ou virtuellement.

Pour vous inscrire : https://www.usherbrooke.ca/3it/fr/actualites/evenements/details/57660

Statistiques de mon défi au mont Ham :

  • 21 montées et descentes
  • 92 km
  • 8900 mètres de dénivelé positif
  • Run time de 21h05

Trace Strava : https://www.strava.com/activities/17399323184

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Récit de mon 24h au mont Mégantic (17-18 janvier 2026)

Statistiques:
– 12 montées et descentes (trajet aller-retour de 10.7 km et environ 600 m D+)
– 129 km 💥
– 7150 mètres de dénivelé positif 🔝
– Run time: 24h15

Le plan était d’atteindre le dénivelé positif qui équivaut à l’altitude du mont Everest de 8850 mètres🏔️. Ça correspond à 15 montées et descentes par le sentier du mont Mégantic. La température s’annonce meilleure qu’il y a 2 semaines au mont Chauve dans un défi semblable. Il va faire froid lors des 2 premiers trajets mais après, le mercure va grimper vers les -6°C.

J’ai eu un peu plus de temps pour préparer mon weekend en décidant de le faire en milieu de semaine. Ça m’a permis de bonifier mon ravitaillement avec un repas qui s’est montré efficace dans bien d’autres ultramarathons: la poutine🍟😋.

Dodo tôt.
Une bonne nuit de sommeil💤.
Trajet Sherbrooke – accueil du mont Mégantic dans la nuit.

Départ le 17 janvier à 5h50 du matin 🥳.

L’énergie est bonne. L’ascension est rapide ainsi que la descente. Trop rapide peut-être 🤔?
Marilyn, une amie coureuse, une guerrière, vient m’encourager dans mon défi. Elle fera tout près de 40 km 💪. Une compagnie précieuse dans cette épreuve d’envergure .

Je croise…et recroise de nombreux randonneurs . Leurs regards en dit long. Certains m’interpellent pour en savoir un peu plus sur mes allers-retours. Je ne reçois que des encouragements et des sourires.
– « Let’s go !!! »
– « Pour le mont Everest !!! »
– « C’est inspirant !!! »

Bizarrement, personne ne me demande pourquoi je fais ce défi. Ça tombe bien parce que je n’ai pas de réelle réponse. J’exploite mon talent en réalisant des ultramarathons. Là, je veux un peu voire comment mon corps va réagir après avoir complété mon défi au mont Chauve il y a seulement 2 semaines. Dix-huit montées et descentes, 162 km, 9000 mètres de D+ en 34.5 heures. J’ai aussi un projet en tête que je veux actualiser en 2026 : la Direttissima des White Mountains 🙃. La route la plus directe pour relier les 48 sommets de plus de 4000 pieds d’altitude. Un périple de 350 km et plus de 20 000 mètres de D+ 😈. Ce genre d’odyssée, ça se prépare.

Depuis mes débuts à la course en 1999, chacun de mes défis est le passage vers un autre défi. Toujours à regarder devant et trouver le courage d’avancer. Et plus de 130 000 km plus tard 😎, j’ai toujours ce désir de me dépasser…et de connaître des difficultés. La course, c’est mon laboratoire pour bâtir ma résilience.

Je vais réaliser plus tard, que ces visages que je voyais et revoyais étaient réconfortant pour réaliser mon exploit. Euphorisant même 😄. Me transportant sur cette montagne avec des allers-retours toujours rapides. Ma 6e descente se fera avec Dany, un autre guerrier qui partage sa passion de la course avec des personnes à mobilité réduite🙏. C’est dans mes défis de courses partagées que je l’ai rencontré. Sa présence est bienvenue🙌. On descend le sentier en gambadant et en jasant. J’oublie que je peux avoir mal. Il me laisse poursuivre ma quête lorsqu’on arrive au début du sentier. Je dois me restaurer avant.

Cette fin de journée amène une légère chute du mercure. Assez pour que je sois transi de froid 🥶. Je dois changer de vêtements. Cette pause produit une cassure dans mon rythme. La noirceur s’installe. Au début de la soirée, j’ai l’objectif de rester sur la montagne pour m’assurer qu’un père et ses deux enfants terminent leur randonnée sans pépin. Ils couronneront leur périple à la frontale dans leur grande aventure de 10 km.

Et puis, je suis maintenant seul sur la montagne. Les sensations changent. Certaines douleurs prennent plus de place. Il y a des nausées ici et là. Et chaque retour à l’auto, mon lieu de ravitaillement, est plus long. Et chaque départ est plus ardu. La fatigue s’installe 😴. J’ai atteint une certaine limite où je préfère arrêter que poursuivre encore 8 heures. Il est alors 6 heures du matin.

Et puis, je suis encore un peu rationnel 🤪.
Une tentative d’Everesting échouée, oui, mais 24h en mouvement sur cette montagne, c’est une très belle réalisation 🎉.
Une de mes devises à la course est de profiter des sentiers sans me mettre sur le carreau de nombreuses semaines. J’aime bouger. J’aime courir. Le mouvement influence mes pensées. Et dès le lendemain, je faisais un peu d’elliptique pour délier mes jambes tout en réfléchissant à de prochains défis.

J’explore là où la course me mène. Les événements du passé déterminent ceux à venir. Comme une réaction en chaîne. Une chaîne d’événements. Comme si au bout du chemin, un autre chemin apparaissait. Comme une suite de points qu’il faut relier sans trajectoire définie. Chaque moment se construit sur le précédent et personne ne peut prédire ce qui suivra. Je reste ouvert aux opportunités. On verra où ça me mènera en 2026. Il y aura peut-être quelques (longs) détours ici et là.

Trace Strava: https://www.strava.com/activities/17096463595

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Everesting au mont Chauve en Estrie (3-4 janvier 2026)

Statistiques
– 162 km (💯 miles 💥)
– 9215 mètres de dénivelé positif 🔝
– Gun time: 34h30 (moving time 27h)

Je rappelle le concept d’un Everesting. On monte une côte à répétition pour atteindre le dénivelé positif qui équivaut à l’altitude du mont Everest soit 8849 m / 29030 pieds😱.


Vendredi 2 janvier – 16h30.

Je viens de compléter une sortie de 25 km au Parc national du Mont-Orford avec des amis. Sur mon retour, je décide que ma fin de semaine aura lieu au mont Chauve (Orford, Qc, CAN). Pas question d’aller dans les White Mountains (NH, USA)🏔️ étant donné les conditions glaciales annoncées 🥶. Il va quand même faire froid en Estrie avec un mercure annoncée de -15 à -20 °C mais au moins, je serai sous le couvert des arbres, protégé du vent. Beaucoup de temps en nature va me faire du bien.

En moins de 2 heures, mes provisions et mon linge de course sont prêts 😎. Bacs et sacs sont empilés dans mon vestibule de maison. Je soupe rapidement. Une courte nuit 💤, un petit déj et hop, tout le matériel dans mon Pacifica. Direction Chemin de la Sucrerie qui est le point de départ du sentier du Ruisseau David . Pour atteindre le sommet, c’est 4.5 km. Pour réaliser un Everesting, il me faudra monter et descendre le sentier 18 fois😱.

Je prévois courir léger. Aucun sac. Seulement un gel dans mes poches au cas où. Ma voiture sera mon ravito. Je prévois y arrêter après chaque montée-descente.


3 janvier – 6h15.

Mon défi commence. Je m’élance, seul, sur le sentier avec ma lampe frontale allumée.

Dans le passé, j’ai déjà fait des hills training sur ce sentier. Mon record: 6 montées-descentes en 6h15. J’ai gagné quelques années depuis… et un peu de sagesse🤪. J’opte pour une cadence confortable pour monter et pour descendre. Je ne veux rien précipiter. Juste avancer. J’enfile les trajets aller-retour de 9 km. Toujours au même rythme avec un round trip de 1h20 et un arrêt à l’auto de 5-10 minutes.

Qu’est-ce que j’ai au menu durant mes ravitos? 🍽️
Beaucoup de liquides : eau, eau de noix de coco, Gatorade, repas à boire, Mountain Dew. Je fais un mélange de tout ça. Et je mange graduellement mon wrap au thon et avocat. Et je quitte avec une gorgée de sirop d’érable🍁. C’est ça qui fonctionne aujourd’hui 🥳.

Après 6 montées-descentes, je mets du linge sec et chaud pour amorcer la fin d’après-midi qui se refroidit. Le mercure ne fait que descendre. Je réussis à bien me réchauffer en bougeant. Les retours au véhicule sont plus difficiles. Je dois fréquemment chauffer ma voiture pendant mon ravitaillement.

Après 10 montées-descentes soit 15 heures de course, 90 km et 5125 mètres de dénivelé positif, je décide d’interrompre mon défi pour la nuit. Il est 21h15.

Je retourne chez moi pour manger, me réchauffer et me doucher. J’ai un sommeil agité à cause de crampes au niveau des psoas. Je dors tout de même 3h30 🙃.

4 janvier – 4h50.

Deuxième départ pour compléter mon défi. Il ne reste que 8 montées et descentes. Étonnamment, je repars sur les mêmes temps que la veille soit 1h20 pour le round trip. Aucune raideur dans les jambes. Et le même menu que la veille. Je suis choyé aujourd’hui puisqu’il fait un beau gros soleil ☀️.

Le fractionnement de mon défi en 18 étapes est beaucoup plus facile à gérer mentalement que de viser 162 km. En ayant fait 10 étapes la veille, le chiffre 8 est beaucoup moins menaçant aujourd’hui aussi. Une étape à la fois et les kilomètres s’accumulent. Une étape à la fois et le dénivelé se cumule. Une étape à la fois et bientôt, il n’en reste que 4 puis 2 puis une.

Comme la veille, j’ai l’impression que tout se fait sans effort. J’avance d’une cadence fluide et légère. Les premières lourdeurs dans les jambes, les quads qui se fatiguent, surviennent à ma 16e descente😏. Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu ces sensations😍. Lors de plusieurs autres longues sorties, c’était plutôt mon tendon d’Achilles droit qui se manifestait et qui me ralentissait. Je n’avais alors pas le temps d’avoir mal aux quads.

Enfin, toute belle chose a une fin.
Cette 2e journée se termine avec 12 heures de course, 72 km et 4090 mètres de dénivelé positif.

Traces Strava:

3 jan: https://www.strava.com/activities/16930054222

4 jan: https://www.strava.com/activities/16940193418

Cet Everesting pave la voie à d’autres Everesting tout comme les précédents m’ont mené à celui-ci. J’ai déjà conquis le mont Orford à 3 reprises (avec un record de près de 13200 m de D+). J’ai aussi atteint plus que l’Everest sur le mont Giroux en ski de randonnée (11000 m D+). Les monts Washington et Lafayette ont aussi été gravis à 8 reprises chacun pour y laisser ma marque ✅.
On verra bien où me mènera cet accomplissement.

Bonne Année 2026 🎉

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🤪Folies du mois d’août

Northeast 111 en couple

La liste des NE111 compte les AMC 4000 (48 sommets de plus de 4000 pieds des White Mountains), les ADK 46ers (les 46 plus hauts sommets des Adirondacks) et quelques sommets du Maine (14), du Vermont (5) et des Catskills (2). C’est un total de 115 sommets à gravir.Avec ma copine, dans notre petit projet de rando-courses ensemble, nous avions rayé 106 sommets de la liste depuis décembre 2021. Les 9 derniers étaient dans la mire lors de nos vacances au début août. D’abord les 2 des Catskills plus au sud afin d’éviter les averses dans les Adi. Puis sur notre retour, nous avons complété les sommets restants du Great Range dont le difficile Saddleback. En descente, je n’avais eu aucun problème dans le passé, mais en montée, il y a 2 passages plus techniques ou ma souplesse, inexistante, m’a rendu la vie difficile. Par chance, il y avait une main bienveillante pour me tirer vers le sommet. La même main qui veut me pousser en bas d’une falaise lorsqu’elle me trouve un peu fatiguant en randonnée.
Nous avons complété nos 3 derniers sommets dans un format fastpacking avec un départ tardif. Avalanche Lake est toujours aussi beau. Puis, nous avons atteint les sommets Redfield et Cliff. Beaucoup de boue à la base de ce dernier. Les Adi offrent beaucoup de sites pour camper. Non loin de de la fin de notre randonnée sur Cliff, nous avons établi notre campement. Petite baignade dans la rivière avant de se coucher en prenant bien soin de mettre notre bear canister à une distance raisonnable de notre tente. Aucune visite nocturne.
Notre épopée s’est conclue le lendemain avec le mont Marshall.

Maintenant, qu’ont à nous offrir les montagnes des états de l’est des É-U? Il existe plusieurs trajets de longue randonnée comme les North East Ultra 8. Il y a aussi cette liste des « 52 with a view » au New Hampshire. Encore plein de sentiers à explorer. Yahou!!!

Catskills – Slide (8.6k): https://www.strava.com/activities/12070385524
Catskills – Hunter (7.3k): https://www.strava.com/activities/12070385438
ADK – 4 sommets (32.5k): https://www.strava.com/activities/12082160069
ADK – Redfield et Cliff (22k): https://www.strava.com/activities/12097816122
ADK – Marshall (20.5k): https://www.strava.com/activities/12097806044


3 ultras en 3 vendredis

16 août – Marathon au mont Orford (8 montées-descentes, 45km, 3600 m D+, 7h56)

Mon plan était de faire un Everesting au mont Washington à ce moment mais les conditions météo étaient hasardeuses en soirée et pour la nuit dans les Whites. Je me suis donc tourné vers une montagne plus près de chez moi, le mont Orford.
J’ai envisagé faire un Everesting mais c’était une journée très chaude et humide. J’ai revu mes objectifs plusieurs fois durant cette journée. Les 2-3 premières montées, ça va bien. On a plein d’énergie. Les 2-3 suivantes, on se demande « qu’est-ce qu’on fait là ?». Il y a un doute. Puis ensuite, on rentre dans un rythme qu’on pourrait maintenir longtemps. Lors de cette journée, je voulais être confortable dans les montées et surtout dans les descentes. Après 8 montées-descentes, je me suis dit que c’était une bonne journée.

Trace Strava : https://www.strava.com/activities/12165376315

23 août – Everesting au mont Washington (8 montées-descentes, 79km, 8854 m D+, 23h11)

Everesting. C’est simple. On trouve une côte. On la monte et la descend en une seule activité continue. Et on atteint un dénivelé positif qui équivaut à l’altitude du mont Everest (8849 m / 29030 pieds)😱.
Mon parcours d’ultramarathonien m’amène à réaliser plusieurs défis. Me challenger. Établir des buts. Explorer. Faire quelque chose d’unique (ou de fou🤪). M’y préparer. Mettre un pied devant l’autre et tranquillement atteindre ce but…comme dans la vraie vie…et ça aide à bâtir sa résilience.
Le mont Washington est le sommet le plus haut de l’est des É-U (altitude 1917m). Il est reconnu pour ses conditions extrêmes (température record de -45°C avec facteur vent de -75°C 🥶et des vents records de 372 km/h🌪). Il faut bien choisir sa journée pour atteindre ce sommet car il peut y neiger à tout moment de l’année, les vents et le brouillard peuvent se lever rapidement et on peut y souffrir d’hypothermie peu importe la saison.
Faire un Everesting au mont Washington devient intéressant : quand la petite montagne dangereuse rencontre le sommet du monde. Ça m’était passé par la tête un mois auparavant seulement. Je l’avais mis sur ma liste de défis.
Le vendredi 23 août à 15h30, après un avant-midi à travailler et un début d’après-midi à voyager de Sherbrooke vers les montagnes, j’ai débuté mont défi à la gare Marshfield Station, là où les trains débutent leurs ascensions vers le sommet du mont Washington. Mon but était de réaliser 8 montées et descentes en utilisant le sentier qui longe les rails, la Cog Rail Trail. Mon ravito, ma voiture, était au stationnement des randonneurs près de la gare.
Les sensations étaient bonnes. Les jambes bougeaient bien. Il y a eu quelques doutes quand même durant la nuit mais en prenant ce défi une montée à la fois, en mangeant bien et en gardant mon corps au chaud en changeant mes vêtements régulièrement, j’y suis parvenu.
8 montées et descentes du mont Washington.
8854 m / 29048 pieds de dénivelé positif.
Environ 80 km (50 miles).
En moins de 24h (23h11).

Les conditions étaient idéales pour ces montagnes : soleil le jour, brouillard et venteux le soir et la nuit, un peu froid mais aucune précipitation. J’avais un bon point de repère : les rails à ma droite en montée… et à ma gauche en descente. Durant la nuit, je voyais à peine à 5 mètres devant moi.
Cette folie d’Everesting m’amène à songer à un autre défi…une autre petite bulle au cerveau, un autre Everesting mais cette fois sur le mont Lafayette😎. Et qui sait, peut-être faire un Everesting sur chacun des 48 sommets des AMC 4000 😝.
Oh que j’aime les Montagnes Blanches et tous ces sentiers !!! Amusez-vous bien vous aussi dans ces montagnes.

Trace Strava : https://www.strava.com/activities/12232637467

30 août – Un ultra à l’Île d’Orléans (50km, 5h)

Petite escapade à l’Île pour le long weekend de la fête du Travail. Comme j’ai un peu de temps avant que ma copine arrive, je me dis qu’un petit tour de l’Île (67km) ça pourrait être intéressant.
Les premiers 30 km ça va. Cette île n’est pas plate du tout. Il y a beaucoup de dénivelé. La vitesse y est quand même. Puis, ça devient plus difficile. Le tendon d’Achilles tiraille un peu. Avec un départ à 15h40, j’ai vite réalisé qu’il y a beaucoup de circulation sur l’île…et toutes ces voitures m’ont dérangé lorsque je suis arrivé à Ste-Famille. En quittant, je m’étais laissé l’option de couper court sur des routes qui traversent l’Île du Nord au Sud. J’ai donc choisi d’écourter mon parcours en prenant la route du Mitan. J’ai terminé avec des alternances de course et de marche à la noirceur.

Trace Strava : https://www.strava.com/activities/12285208166

Il est maintenant temps de récupérer pour bien entamer les folies de l’automne. Sur ma liste, il y a les Championnats de Backyard en équipe où je représenterai le Canada avec 14 autres coureurs Canadiens (début le 19 octobre) puis la Transmartinique (135 km, 7 décembre). Mais bon, il y aura peut-être d’autres opportunités de lâcher mon fou avant.

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