5 marathons en 3 souffles

Sri Chinmoy Ultras Ottawa – une course de 24h. Déjà rendu à cette course. Ça me semblait si lointain il y a peu de temps. C’est donc dire que le Spartathlon approche aussi. Et je vais bâtir ma confiance pour courir les 246 km en Grèce grâce à cette course qui débute bientôt, à 8h le samedi 28 juillet.

Courir pendant 24 heures. Je l’ai déjà fait à 3 occasions lors de mes défis au Mont Orford. Mais cette fois, ce sera sur le plat, sur une boucle de 1.9 km que je vais répéter et répéter et répéter…

Comment mon corps va réagir? Je me remémore mon premier 100 milles. Les muscles de mes jambes durs comme le roc, une respiration superficielle, des murmures en guise de parole, un corps qui s’épuise. C’était bizarre. La sensation d’un corps qui se déchire en lambeaux. Et même si je voulais me réfugier dans mon esprit, la fatigue rendait toute réflexion difficile. Mais descendre aussi creux et en remonter, c’est renaître, c’est se sentir vivant. Un corps qui guérit, une tête qui grandit, un baluchon qui s’emplit.

Par la suite, dans chacune de mes longues courses ou longs défis, il y a eu des passages plus difficiles mais, je n’ai jamais atteint un point aussi creux qu’en 2013. La course, c’est mon entraînement à la résilience. M’adapter. Réagir aux imprévus. Garder intacts mes fonctions mentales (même si certains diront que courir autant c’est une maladie mentale) même quand le corps flanche.

Dans la course qui débute bientôt, je vais dépasser les 200 km. Une zone inconnue. Et je pars à la découverte de l’inconnu, moi.

Ma course débute dans quelques heures et je n’arrive pas à dormir. Un mal de tête aussi. La coupe de vin était peut-être de trop? Mais le repas était bon. La compagnie aussi. Un bel accueil d’amis de Gatineau. Bon!!! Je devrai composer avec ce que mon corps aura à offrir.

Je me lève à 6h pour manger et me préparer pour la course. J’arrive sur les lieux une heure avant le départ pour bien installer ma station de ravitaillement. Aucune équipe avec moi. Je devrai être efficace dans mes arrêts au puits.

Je fais la connaissance du sympathique directeur de course et je me présente à celui qui notera chacun de mes tours. On peut perdre le compte assez rapidement en tournant en rond comme je vais le faire. Il y a donc un bénévole désigné pour enregistrer mes tours.

Les coureurs sont invités à s’aligner pour la photo protocolaire.

Nous sommes une trentaine. Une course aux allures internationales avec une délégation russe, des Turcs, un autre originaire de l’Inde. Il y a des plus jeunes et des plus vieux aussi.

Le départ est donné.

Premier souffle

Combien de temps durera ce souffle? Au départ, l’énergie est à son maximum…et les ambitions aussi. Je dois me retenir pour ne pas aller vite. Je prends les devants. Les tours s’accumulent rapidement. Pour les 10 premiers tours, je prends mes temps de passage. Puis, je décide que la journée va être longue si je persiste à faire cela. Je vise tout de même 120-130 tours. À partir de ce moment, je n’estimerai plus mes temps de passage. Courir sans chrono.

Le premier marathon se déroule bien mais un point de pression au niveau de mes pieds m’agace. Je fais donc un changement de souliers pour mieux continuer.

Même si tourner en rond sur le circuit de 1.9 km est répétitif, je suis surpris à quel point je trouve cela intéressant. Ce n’est pas si monotone. Les coureurs devant moi sont toujours différents. J’en dépasse plusieurs à maintes occasions aussi. Certains marchent et d’autres clopinent déjà. On s’encourage tous mutuellement. Et la luminosité change aussi. Le soleil poursuit sa course dans le ciel.

Voilà, déjà 100km en 8h50. Il reste encore beaucoup d’heures à courir.

 

 

 

 

 

 

 

 


L’après-midi était très chaud. J’ai ralenti. Mon avance se réduit graduellement. Une forte pluie va aider à rafraîchir l’air juste avant le crépuscule.

J’atteins le 100 milles en 15h57 toujours premier. C’est mon 86e tour.

Mon souffle perd de la vigueur. Mais, j’ai toujours cette volonté de poursuivre. Il y a de bons tours et d’autres où je marche un peu. Un coureur, celui originaire de l’Inde, Ullas, me dépasse après 90 tours environ. Je savais bien qu’il grugerait ma précieuse avance. Sa foulée est fluide, sa stature en mouvement, bien droite. Aucun signe de fatigue. Moi, mes pas sont lourds et je m’enfonce.

Je dois continuer et passer ce moment difficile. Tout se passe dans la tête. Persévérer. Éviter l’immobilité. Espérer un second souffle.

Certains des coureurs que j’ai dépassés plusieurs fois plus tôt me dépassent à leur tour. Je m’accroche un peu, on jase un peu puis je les laisse filer. Ils ont moins de kilomètres parcourus, c’est vrai, mais ils ont commencé en même temps que moi. Ça fait déjà plusieurs heures…et il en reste encore plusieurs.

Deuxième souffle

Ullas a maintenant 2 tours d’avance sur moi. Il arrive à ma hauteur pour me dépasser à nouveau. Nous jasons un peu. Il semble avoir un peu de difficulté. Ses pieds accrochent le sol à chacune de ses foulées. Je me dis alors : « Tiens!!! Je vais accélérer pour voir sa réponse ». Il ne me suit pas.

Ah!!! Chacun ses moments de faiblesse. Ma motivation et mon énergie sont orientées vers mon nouvel objectif : le rattraper. Un animal qui se réveille. Le coup de fouet dont j’avais besoin. Ça m’arrive d’être un peu compétitif. J’ai tout de même une vingtaine de minutes à gruger.

Et j’y arrive.

Lorsque je le dépasse, il me dit être incommodé par des nausées. Je lui mentionne d’essayer le Ginger Ale. Ça peut aider. Et je lui donne un conseil « Don’t give up. Anything can happen ».

Je me sens invincible. En passant au niveau de l’aire de départ, après environ 100 tours, je lève le poing en criant à mon compteur de tours « I’m back in the lead !!!». Il semble aussi heureux que moi. Les paris sont ouverts parmi les bénévoles, chacun ayant leur prédiction. Il reste encore 5 heures à la course. Certains coureurs ont arrêté leur course, d’autres marchent ou clopinent encore. J’approche de mon 200e kilomètre. Et je sais que tout peut arriver.

Après quelques kilomètres sur ce high : Bang!!! Je frappe un autre mur. L’énergie chute. Le manque de sommeil n’aidant pas.

Et comme plus tôt, je dois continuer et passer ce moment difficile. Tout se passe dans la tête, encore. Persévérer. Éviter l’immobilité. Espérer un troisième souffle.

Je garde le sourire quand même.

« J’te fais moins travailler maintenant », que je lance à mon compteur de tours.

Et bien sûr, je me fais dépasser à nouveau par Ullas. J’aurais peut-être dû lui suggérer de prendre une pause à la place de l’encourager ;-). Mais, c’est de bonne guerre. Il a une belle foulée et semble filer vers la victoire. Il doit bien rester près de 2 heures à la course. Le ciel est nuageux, l’air matinal est frais. Je suis vraiment fatigué et j’ai besoin de mon boost de fin de course : le coca-cola.

Dans la dernière heure, le directeur de course nous demande de voter pour la personne nous ayant le plus inspirée. Sans hésitation, je donne le nom de Ullas. En fait, j’ai plutôt dit « Celui qui va gagner la course».

Je n’ai pas jeté la serviette sur la course pour autant. Je continue quand même à avancer…lentement.

Troisième souffle

Pour bien terminer ma course, je change mes souliers à nouveau. Mon plus long arrêt de toute la course (quelques minutes). J’alterne course et marche. Et, je trouve bizarre que malgré ma lenteur, Ullas ne me rattrape pas. Je décide donc d’accélérer le pas juste pour voir si je peux le rejoindre.

Au loin, je l’aperçois. Il marche. C’est ma chance. J’accélère et de façon convaincante, je le dépasse. À nouveau premier. Je suis revenu à une cadence comme en début de course : 5:15-5:30 min/km. Là, je me remets à calculer mes temps de passage. J’ai le temps de faire 2 autres tours. Tout s’est donc joué dans la dernière demi-heure. Ullas arrête son compteur à 216km.

Mon dernier tour. Je suis le seul coureur à pouvoir poursuivre avec environ 15 minutes à écouler. Mon tour de la victoire. Mais c’est bien plus que cela. Le moment le plus émotif depuis bien longtemps. Des larmes sur mes joues. Quelques sanglots aussi. My God!!! Je dois vraiment être fatigué pour pleurer comme ça. Plein d’émotion. Du bonheur. Le bien-être. La pression qui tombe. Une fierté de compléter la course. La satisfaction d’avoir trouvé un 2e et un 3e souffle.  Une renaissance. Quelles batailles!!! Face aux autres coureurs, le parcours, la durée, la fatigue, contre moi avec cette montagne russe de hauts et de bas qui amène des questionnements et plein de réflexions. Je lève les bras dans le dernier 100 mètres en criant à plusieurs reprises: « Woooh oooh!!!! ». Je me sens vraiment bien.

Vidéo du finish

Retour à une respiration normale

220 kilomètres (soit 5 marathons + 9km).

117 tours (sans être étourdi).

24 heures.

Aucune ampoule.

Quelques amis sont venus m’encourager et me féliciter pour cette fin de course. C’est très apprécié. Et que dire des liens créés avec les bénévoles le temps d’une journée. C’est super.

À la remise des prix, j’accepte volontiers les trophées qu’on me remet : celui pour ma 1ere position et celui pour la meilleure performance pour un coureur participant à sa première course de 24 heures.

Après une bonne douche, j’essaye de me reposer. Je n’ai aucune position confortable. Aussi bien retourner à Sherbrooke tout de suite. Cinq heures de route (avec quelques arrêts pour me dégourdir les jambes). Bon, j’aurai eu une nuit de sommeil en moins dans le weekend finalement. Mon travail d’intensiviste-pédiatre aide certainement à gérer ces 24 heures et plus sans dormir.

Ma récupération a été phénoménale. J’ai eu bien plus souvent de la difficulté à descendre les escaliers après mes courses en montagne. Peu de raideur aussi. Un parcours plat, c’est doux pour les muscles finalement. J’ai pu reprendre la course 2-3 jours après.

Cette performance me permettra sûrement d’être de la sélection canadienne pour les Championnats Mondiaux de 24h en Autriche en mai 2019. Je le saurai en février prochain.

Mais avant, il y a le Spartathlon. Avec mon 220km, je me sens prêt physiquement et mentalement à suivre les traces du messager-coureur Pheidippides qui a trouvé sa place dans les écrits d’Hérodote en courant d’Athènes à Sparte.

À mon tour d’écrire mon histoire en allant livrer mon message à Léonidas 1er de Sparte à la fin septembre.

 

– Sébastien

www.sebastienroulier.com

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Une nuit blanche à courir

Le MRSQ 100k. Une course de 100 kilomètres en juin. Ce sera parfait pour progresser vers le Spartathlon prévu à la fin septembre 2018.

Une course qui commence à minuit le dimanche.

Super. Même si j’ai la garde de mes enfants, ceux-ci pourront dormir chez leur grand-père maternel à St-Bruno pendant que je vais courir et je pourrai passer la journée avec eux ensuite.

Ça, c’était l’idée lorsque je me suis inscrit à la course en novembre 2017.

Maintenant que ce weekend tant attendu approche, je réalise qu’il sera important de bien dormir les jours précédents.

Mais, pas de chance. Ma garde d’intensiviste-pédiatre de la nuit du jeudi au vendredi est plutôt occupée. Mon sommeil est entrecoupé par de nombreux appels et je dois me déplacer dans la nuit pour évaluer et prendre en charge un patient. Bon, la prochaine nuit devra être meilleure…c’est la seule avant la course.

C’en était une bonne.

Mais certainement trop courte pour ce qui m’attend dans quelques heures. À mon réveil, ma fille me suggère de faire une activité à laquelle elle a été initiée lors de sa sortie de fin d’année scolaire : du Paddle Board. Pourquoi pas? Ce n’est pas du pédalo*.

*Le pédalo 2 jours avant ma course de 160km en 2014 a affecté celle-ci négativement.

Une petite heure à me laisser bercer par les vagues. La tranquillité avant le brouhaha du voyage Sherbrooke-St-Bruno.

Rendu à destination, la fatigue me gagne.

Au moins, la course sera un bon stimulant. Mais, comme j’aimerais dormir jusqu’au moment du départ de la course. Une petite sieste avant le souper, c’est quand même bien. Un bon souper. On bouge un peu. On débute un film pendant que la pluie tombe à l’extérieur. Les prévisions annoncent une accalmie pour minuit.

La noirceur arrive.

Il est maintenant temps de quitter pour Montréal. J’ai déjà déterminé où je laisserai ma voiture pour la nuit. J’ai aussi prévu y dormir un peu, juste avant la course. Mon mini-van, c’est mon paradis du car-camping. Je m’allonge et trouve le repos pour une petite heure.

11h. Une petite marche vers le sommet du Mont Royal. Avec cette noirceur et des repères qui datent de plusieurs années, je réussis quand même à trouver l’aire de départ au Chalet principal. Nous serons 22 à prendre le départ de cette course. Un départ sur le Mont Royal avec une destination dans l’ouest de l’île, à Beaconsfield, 50km plus loin. On doit revenir sur nos pas pour compléter le 100 km.

Minuit.

C’est sous les encouragements d’un groupe de personnes sur le belvédère que le départ est donné. Il y a 2 autres bons coureurs qui visent des temps bien meilleurs que ce que je vise : Johan qui veut atteindre le 100km en 7h et Karim qui va courir le 100km pieds nus. Moi, je veux terminer autour de 8h…et avec mes 2 souliers. Idéalement, sous les 8h18, ce qui correspond à ma meilleure marque dans un 100 km jusqu’à présent.

Le tour de la croix.

La course débute par un tour de la croix. Il y a un peu de confusion dans cette section. Une simple lampe frontale pour éclairer le chemin et des meneurs qui n’ont jamais couru cette partie du Mont Royal…!!!??? On retrouve finalement le chemin principal qui nous mènera à la base de la montagne.

Bonjour la police.

Un peu plus de 10 minutes que le départ est donné. Je salue les policiers dans la voiture. « Hey!! Où allez-vous comme ça? ». Nous sommes 2 à être interpellés. Rapidement, nous sommes rejoints par d’autres coureurs. C’est vrai qu’on peut avoir l’air bizarre, nous les coureurs. C’est peut-être la lampe frontale? Ou simplement le fait de courir la nuit??? « Vous savez qu’il est interdit d’être sur la montagne à cette heure? » Moi, je ne le savais pas. « Nous sommes dans une course et on quitte la montagne pour la ville ».

Le MRSQ est une course organisée selon l’appellation Fat Ass. Simple, peu coûteuse, friendly. La ville et la police ne sont pas au courant de cette course. Il y a peu de balisage. Chaque coureur doit connaître le parcours. Le directeur de course sera approché par la police peu de temps après notre passage à la statue à la base de la montagne.

Une nuit arrosée.

Ça coule à flot. La pluie pour nous et l’alcool pour d’autres. C’est la nuit de la St-Jean. Des fêtards sortent des bars. Problèmes d’élocution, de coordination et d’équilibre. Je ne changerais vraiment pas ma place avec eux. Je préfère de loin la folie que je suis en train de vivre. En empruntant la rue Rachel, la pluie est plus intense. On la sentait moins dans la montagne. La pluie va m’accompagner pendant encore 3 bonnes heures. Ma visibilité est réduite avec mes lunettes à cause de la pluie et des lumières de la ville. Le meneur, Johan, a déjà mis sa cadence sur 4 min/km. Je ne le suivrai pas, c’est certain.

Solitude.

Après la descente de la rue Papineau, j’emprunte le Pont Jacques-Cartier vers l’île Ste-Hélène. C’est plus tranquille. Je préfère de loin cette quiétude nocturne. Seul. Je savais très bien que j’étais pour courir seul cette course. Je trouve mon rythme et je me dirige vers le Pont de la Concorde et ensuite le Canal Lachine.

Des pas dans la nuit.

Mon ouïe ne me trompe pas : il porte des souliers. Ce n’est pas Karim. Mais qui donc arrive avec cette cadence. On dirait bien que quelqu’un vient de mettre la machine en marche. Il arrive à ma hauteur. Quelle surprise de réaliser que c’est Johan. Je lui lance : « T’as manqué le Pont de la Concorde??? ». Déjà un peu plus de 16km de parcouru. Moi, j’avais bien étudié le parcours pour éviter des détours. J’avais couru cette section la semaine précédente et j’avais bien analysé chacun des endroits où je pouvais m’égarer. S’orienter la nuit sans indications, sur un parcours inconnu, sans oublier la pluie, il faut être bien préparé.

D’autres pas dans la nuit.

Quelques kilomètres plus loin, j’entends encore des pas. Encore quelqu’un avec des souliers. Je ne me retourne pas. Je garde ma cadence tout en me faisant mouiller par une pluie forte. « Encore toi!!! ». Encore Johan. Un 2e détour. N’en fais pas une habitude. La route est encore longue jusqu’à Beaconsfield.

As-tu vu Johan?

À moins de 5km du turn around, le directeur de course arrive à ma hauteur en voiture et me lance cette phrase. Et je réplique : « Mais, il est devant, non??? ». Je me rappelle avoir vu la cycliste qui l’accompagne sous un pont il y a plusieurs kilomètres. Avait-il abandonné à ce moment? Finalement, j’apprends qu’il a fait un autre détour. Une version MRSQ de la fable du lièvre et de la tortue. J’arrive 1-2 minutes avant lui au Tim Horton, lieu du 50e kilomètre, après 3h50 de course.

Ravito.

À l’aller, il n’y avait pas de ravito. J’avais prévu être autonome pour les premiers 50km et profiter des ravitaillements installés sur le retour pour les coureurs du 50km. Moins de 3 minutes au ravito et je suis déjà partie. Johan quitte en même temps. Je suis un peu surpris mais je pense qu’il ne voulait pas se perdre une fois de plus. Ma cadence est cependant plus lente que ce qu’il peut faire. Son objectif de 7h vient de disparaître mais il trouve la force de poursuivre en oubliant les performances. Juste courir pour le plaisir. Moi, je ne réussis pas à me mettre en mode fun run comme lui. Je sens même qu’il me tire. Nous partageons tout de même une quinzaine de kilomètres qui nous permettent de croiser plusieurs coureurs qui se dirigent vers le Tim Horton. Un cycliste maintenant. Un ami de Johan. Je le sais, je le sens… Je le laisse filer. Mon énergie diminue. Vers 5-6h du matin, j’ai toujours un petit coup de fatigue. C’est plus difficile pour les 8 prochains kilomètres.

Holà Coca-Cola!!!

Il reste 25 kilomètres. Dans mes courses, j’utilise les produits ProCircuit comme source d’énergie. Dans le dernier tiers d’une course, je me permets un peu de caféine. Mais là, j’ai omis mes gels X4 avec caféine. Au ravitaillement du 75e km, il y a du Coca-Cola. Ça fera l’affaire. Quel boost d’énergie!!! Ma cadence n’est pas tellement plus vite mais je retrouve de la clarté dans mes idées et plus de force dans mes jambes.

Chemin du retour.

Ça passe vite. Les berges, l’école, le canal, le Pont de la Concorde, l’île Ste-Hélène, le Pont Jacques-Cartier. La ville est tranquille ce matin. En montant la rue Rachel, j’aperçois ma dernière montée. Le Mont Royal, bien sûr.

 


Courir le Mont Royal.

En jasant avec Johan, il me disait que son coach lui avait interdit de marcher la montée de 7km du Mont Royal. Maintenant à la base de la montagne, je me dis que c’est un bon objectif pour moi. Et voilà, je suis partie pour la montée. Je rattrape des coureurs venus faire leur jogging matinal. La seule chose qui me distingue des autres coureurs est mon dossard. Mais personne ne sait quelle aventure j’ai vécu cette nuit. Le tour de la croix me semble interminable.

Enfin, voilà le fil d’arrivée.

8h27. 2e position, derrière Johan qui n’a pas fait de détour sur le retour.

Seulement 11 finishers. Un autre ultramarathon de complété.

Habituellement, j’aime bien rester et flâner pour encourager les autres participants mais mes enfants m’attendent chez leur grand-père. Des nuits blanches, j’en ai fait beaucoup. Au travail, à la course, avec de jeunes bébés. C’est le jour et je ne vais pas gâcher la journée à dormir.


Planification de dernière minute.

Après un dîner à St-Bruno, nous quittons, mes 3 enfants et moi, pour Sherbrooke. Mais je sais que j’aurai besoin d’un arrêt à mi-chemin. Destination Zoo de Granby. Slush à volonté pour rester éveillé. Chacun des continents est exploré…à la marche.

La fatigue m’atteint, finalement, lorsque j’arrive à Sherbrooke.

Les jambes sont un peu raides aussi.

Tranquillement, je me dirige vers le Spartathlon.

 

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Saison en crescendo – vers le Spartathlon

Je connais la finale de ma saison. Ce sera grandiose. Athènes fera renaître les coureurs-messagers de la Grèce antique à la fin septembre comme à chacune des 35 dernières années. Je serai peut-être le premier Québécois à demander audience auprès du roi Léonidas 1er de Sparte au terme d’un trajet de 246 km lors du Spartathlon.Pour m’y rendre, je dois y aller de façon progressive. Être stratégique, méthodique, sans fausse note. Un peu à l’image de ma carrière de coureur jusqu’à maintenant. Plus de 18 ans à courir. Sans brusquer les étapes. Chaque course, chaque défi étant le passage vers une autre course ou un autre défi. Toujours plus loin, plus haut, plus longtemps et parfois, plus fou. Je pratique et je répète pour que la mélodie orchestrée par mes jambes et mon corps soit plus fluide. Mon corps s’adapte. Ma tête aussi. Je dois être prêt pour cette finale.

 

Après quelques entraînements clés sur route de 50, 60, 75 kilomètres cet hiver, me voilà déjà avec 4 courses-jalons complétées cette saison :


Runamuck 50k

50 kilomètres dans les rues enneigées et glacées du Vermont au début avril. Quelques notes glissées mais j’y retrouve une vitesse d’exécution bon pour une 3e position en 3h50.


Marathon de Boston

42.2 kilomètres sous une pluie diluvienne, des vents forts et un froid glacial. Une 12e expérience à Boston. Un dénivelé et des repères bien ancrés. On revient à la base. On ralentit le rythme et on se concentre sur les sensations intérieures. Je ne veux pas faire de faux pas. Et j’y arrive après 2h57.


Peak Blood Root Ultra

80 kilomètres au début mai. Une première course en sentiers après tout le bitume parcouru. Les réflexes ne sont pas aussi aiguisés. Le parcours surprend par des sections bushwhacking. Je m’ajuste. Je m’accorde avec la gamme de difficultés qui se présentent. Je complète ce 80km bon 1er en 9h01 de course.


Mount Royal Summit Quest (MRSQ)

100 kilomètres sur route le 24 juin dernier. J’y détermine ma cadence et je la respecte même si d’autres accélèrent le tempo. Une belle course complétée en 8h27 pour terminer en 2e position. Celle-là, je vous la décris dans un autre blogue.


Et parfois, il faut improviser. Trouver d’autres sources de motivation qui surpassent toutes les difficultés qui peuvent survenir. C’est en poussant des personnes à mobilité réduite dans une chaise Kartus que j’y parviens. Des performances exceptionnelles dignes des Records Guinness.  Ce sont mes courses en duo que j’aborderai dans un autre blogue également.

Demi-marathon de Lévis en 1h30 avec Marie-Michelle

Demi-marathon de Sherbrooke en 1h35 avec Samuel

 

 

 

 

 

 


Je dois enrichir mon baluchon déjà bien rempli. Je n’ai jamais couru plus de 170 km. C’était en montagne, à l’UTMB. 246 km, ce sera long. Pour être prêt mentalement à cette distance, le 28 juillet prochain, je vais participer à une course de 24h. Courir pendant 24 heures sur un trajet de 1.8 km au Sri Chinmoy Ultras Ottawa pour atteindre la marque de 210-220 km. J’aurai vraiment besoin de bonnes chansons pour m’accompagner dans cette course. Avez-vous des suggestions?

Il y aura aussi d’autres courses inspirantes en duo à venir. Le Marathon de Magog le 22 juillet et le Marathon de Montréal le 23 septembre. À la conquête du Record Guinness pour le marathon le plus rapide en poussant un adulte dans une chaise actuellement établi à 3h35.

Une saison en crescendo vers le Spartathlon… Vraiment?! Pour moi, une course n’est pas une finalité. Telle une éternelle symphonie, je vais poursuivre en octobre avec le Bromont Ultra (solo), le Marathon de Québec (duo). Et en novembre, je retourne à ma source de la course en sentiers: Stone Cat Trail Races 50 miles (solo). Et bien d’autres défis vont se pointer sur mon chemin par la suite.

Je poursuis ma composition, j’écris mon histoire.

Sébastien

www.sebastienroulier.com

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Épilogue de ma conquête des 48 sommets de plus de 4000 pieds des Montagnes Blanches

Quelles aventures!!! De belles aventures.

J’en avais besoin. Mon corps et ma tête en avaient besoin.

L’appel de la montagne. Retrouver la nature.

Retrouver un équilibre qui m’échappait.

Le plaisir de courir en toute liberté.

Vivre.

Je suis un homme de défi nourri par ma passion de la course.

Maintenant en contrôle, les deux mains sur le gouvernail,

J’explore là où la course me mène

Même si la destination m’est inconnue


I’m sailing away, set an open course for the virgin sea
I’ve got to be free, free to face the life that’s ahead of me
– Styx (Come Sail Away)

Le 6 août dernier, je commençais ma chasse aux sommets de plus de 4000 pieds des Montagnes Blanches au New Hampshire. En 4 aventures et 13 étapes réparties sur 8 journées du mois d’août, j’ai atteint les 48 sommets convoités. Le bilan de toutes les étapes apparaît dans le tableau qui suit. Un lien vous dirige vers le récit de chacune des aventures.

Temps en mouvement

Distance

Dénivelé

Sommets

Aventure 1

12h45

52 k

3000 m

8

Aventure 2

32h45

108 k

6700 m

15

Aventure 3

23h02

108 k

6590 m

15

Aventure 4

18h33

100 k

5795 m

10

Au total

87h

368 k

22000m

48

Et voici la carte qui résume chacune de ces étapes et tous ces sommets atteints.

C’est drôle. Quand on me demande à combien de courses j’ai participé dans l’année, je n’inclus jamais mes défis personnels. Et pourtant. Après deux courses de 100 milles en juin et juillet, je me suis lancé dans une épopée où la distance de chacune de mes aventures est un ultra en soi.

C’est immense. Toute cette étendue, tous ces territoires explorés. La plupart des sentiers et des sommets parcourus m’étaient inconnus. Une quête de l’inconnu pour repousser mes limites. En fait, il n’y a pas de limite. Il s’agit plutôt de côtoyer, flirter avec l’inconfort. Sortir de sa zone de confort pour s’adapter, se découvrir. Découvrir sa nature. Un entraînement à la résilience et la persévérance. Comme cette flore et cette faune présente en haute altitude. Pour vivre.

Une quête de l’inconnu remplie d’intrigues avec tous ces sentiers où je me croyais perdus. Des sentiers peu entretenus, souvent isolés. Beaucoup ont abandonnés, échoués ou rebroussés chemin à cause de ces sentiers. Moi, j’étais confient d’atteindre tous ces sommets sans aucun grand détour…ou presque. Et j’y suis parvenu.

Une quête de l’inconnu avec des déceptions comme de réaliser que le mauvais sommet a été atteint et qu’il faut à nouveau remonter. La déception est souvent de courte durée par contre. Je regarde devant et je poursuis ma quête.

Une quête de l’inconnu en solitaire. Qui voudrait me suivre de toute façon? Ne compter que sur soi-même. Ses forces et ses faiblesses. Un loup solitaire guidé par ses choix. Des décisions réfléchies, sans impulsivité, car la sécurité est importante dans ce milieu. Un défi en autonomie pour mieux me connaître aussi. Rechercher la tranquillité. S’évader. Et y trouver une Nature bienveillante.

Une quête de l’inconnu qui me fait réaliser la chance que j’ai de découvrir tous ces territoires en si peu de temps. Découvrir certains sommets en pleine noirceur.  Contempler un ciel étoilé et ses étoiles filantes. Admirer l’horizon qui prend une teinte rouge juste avant l’apparition du soleil. Être exposé aux intempéries. Le vent, la pluie, l’orage, la brume. Le poids de mon sac ne m’importune pas. Je dois être prêt à affronter toutes ces surprises. Aussi, quelle chance de courir dans la fraîcheur agréable certains matins, de sentir la rosée sur mes jambes en passant dans les herbes. Et toutes ces odeurs de la forêt. Et tous ces paysages.

C’est étrange. Lorsque je survole en pensée tout le territoire de mes aventures et que je m’imagine en train de courir, je me vois comme un petit point sur cette vaste étendue. Vulnérable. Une impression d’être à la merci des montagnes et de ce qui les habite. Une sensation de vertige et de panique face à cette immensité et ce que j’ai accompli. Par contre, lorsque je vis mes aventures, tout revient à un point central beaucoup plus grand, Moi. Un endroit où règne la quiétude et où je suis en contrôle de mon environnement. Comme si j’étais l’œil de l’ouragan qui avance.

J’ai besoin de tous ces kilomètres pour vivre l’inconfort et me sentir encore plus vivant. Aussi, c’est en explorant les sentiers au pas de course que je vis la montagne, que je vis le moment présent. Les sens bien aiguisés pour capter tout ce que l’environnement me transmet. Une montagne et une nature bien vivantes grâce au vent, à l’eau qui coule, à tous ces arbres et ces animaux qui l’habitent. Une montagne et une nature bien vivantes qui me permettent de vivre.

Mais, je réfléchis. Tout aurait pu être différent.

Une perspective différente de parcourir les sommets selon les différentes saisons. Imaginez gravir une paroi en plein hiver. Ou encore traverser des rivières au printemps, à la fonte des neiges. Une perspective différente, aussi, entre la course diurne et nocturne. Une aventure solo ou en équipe. Et s’il avait plu tous les jours de mes aventures. Et si j’avais mis le pied sur cette roche plutôt que sur celle-ci.

Cette réflexion me pousse à vouloir explorer encore et encore le territoire des Montagnes Blanches. Les mêmes sentiers ou les autres. Et une lecture sur la quête des sommets de 4000 pieds et plus (4000 footers) du New Hampshire me révèle des défis de taille.

The Grid. Parcourir les 48 sommets dans chacun des mois du calendrier, pas nécessairement la même année. Je peux quand même cocher le mois d’août.

The Direttissima. The most direct route, the shortest link. Parcourir les 48 sommets sans arrêt et en autonomie complète. Le record actuel est d’environ 6 jours. Ce défi m’intéresse. Explorer d’autres territoires inconnus : de nouveaux sentiers, la fatigue, la douleur. Toujours flirter avec l’inconfort. Et ce sera probablement une aventure avec un équipier en 2018.

Mais pour l’instant, comme chacun de mes défis est le passage vers une nouvelle aventure, mes 48 sommets grimpés vont m’aider à relever mon prochain défi : 24 heures au Défibrose Mont Orford les 29-30 septembre prochain.

N’hésitez pas à m’encourager grâce à un don ou par votre présence durant le Défibrose. Venez profiter de la Flambée des couleurs du Mont Orford avec moi.

Sébastien

www.sebastienroulier.com

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Souvenirs des Montagnes Blanches: Quête et conquête des 48 sommets de plus de 4000 pieds (4)

Les Montagnes Blanches du New Hampshire ont encore 10 sommets de 4000 pieds et plus qui n’ont pas senti mes pas. C’est dans cette 4e aventure que je prévois laisser ma marque sur chacun de ces sommets. J’ai terminé ma 3e aventure de 108 km il y a seulement 4 jours et je planifie une distance semblable pour atteindre les 10 derniers sommets. Cette dernière aventure demande un peu plus de planification car j’aurai plusieurs déplacements en voiture entre les différents sommets.

28 et 29 août 2017

Conquête des 10 derniers sommets un peu partout dans les Montagnes Blanches

Étape 1 le 28 août 2017 : Boucle des Monts Tripyramids, Whiteface et Passaconaway

13h52

Cette étape débute à Sabbaday Brook Trail. J’ai décidé de faire ma plus longue sortie aujourd’hui car elle risque d’être la plus imprévisible. Plus c’est long, plus il peut arriver des problèmes. J’ai choisi ce sentier car j’aurai une portion sur la route à la toute fin pour regagner ma voiture et je voulais la réduire au minimum de distance.

Voilà!!! La chasse aux sommets est lancée. Peu de temps après mon départ, j’apprécie les chutes Sabbaday. Puis, je poursuis mon chemin sur le sentier peu technique.

15h35 (temps en mouvement : 1h43)

Une belle montée pour atteindre le sommet North Tripyramid. C’est un sommet boisé qui n’offre pas de point de vue par contre. Je reviens ensuite sur mes pas pour gravir ses 2 cousins, Middle Tripyramid et South Peak. Ce dernier ne fait pas partie des 4000 footers. Immédiatement après South Peak, c’est une descente sur une pente très escarpée et rocailleuse, South Slide. Ce sentier offre une vue impressionnante sur la partie sud des Montagnes Blanches de ce secteur. Mais,  j’ai l’impression d’avoir manqué le prochain sentier que je dois emprunter sur ma gauche. Je reviens vers South Peak pour finalement en venir à l’évidence que le sentier sera dans la pente abrupte. Dans ma 2e descente de South Slide, je trouve enfin l’intersection du sentier Kate Sleeper Trail. C’est un long sentier en backcountry, jonché de plusieurs arbres déracinés. À plusieurs occasions, je crois avoir perdu le sentier. J’ai vraiment hâte d’atteindre la prochaine intersection.

17h15 (temps en mouvement : 3h23)

Plutôt décevant. Un autre sommet boisé, celui de Whiteface. Par contre, le sentier qui va suivre, Rollins Trail est intéressant à courir. Une longue ascension finale m’amène ensuite au sommet du Mont Passaconaway environ une heure après avoir quitté le Mont Whiteface.

 


19h35 (temps en mouvement : 5h43)

J’arrive enfin au Kancamagus Highway (route 112). Il commence à faire sombre. J’ai environ 4km à courir sur cette route pour rejoindre mon véhicule et boucler ma longue boucle dans le Sandwich Range Wilderness.

19h57 (temps en mouvement : 6h05)

De retour à ma voiture. En peu de temps, je suis déjà en direction de mon prochain sommet que je veux gravir, le Mont Tecumseh.

Bilan de l’étape :

Durée Distance Dénivelé Sommets
6h05 32 k 1700 m 4

Étape 2 le 28 août 2017 : Mont Tecumseh

21h20

J’entame l’ascension du Mont Tecumseh en pleine nuit. J’ai choisi le point de départ au pied des pentes de ski de la montagne. Le trajet pour me rendre au village de Waterville Valley est un peu plus long que prévu. La route Tripoli est cahoteuse et je tourne longtemps en rond pour finalement trouver l’entrée du sentier.

22h15 (temps en mouvement : 55 minutes)

Déjà au sommet. Une belle rando-course à la frontale. Courir de nuit éveille d’autres sens. La nuit est calme. Ça me fait étrange de découvrir des territoires inconnus à la noirceur. Je devrai y revenir pour contempler les paysages manqués. Mais, ça demeure une belle expérience. Une perspective différente pour apprécier les montagnes.

22h58 (temps en mouvement : 1h38)

Une descente rapide avec une bonne cadence, malgré la noirceur, m’amène à mon véhicule. Il est tard. Cet endroit sera mon endroit pour dormir. La nuit sera courte avec tous les autres sommets à atteindre demain.

Bilan de l’étape :

Durée Distance Dénivelé Sommets
1h38 8 k 670 m 1

Cartes des étapes 1 et 2


Étape 3 le 29 août 2017 : Mont Hancock

6h01

Une nuit très courte pour pouvoir terminer mon défi. Au menu, il y a 5 sommets aujourd’hui. Je me suis réveillé à 4h30 pour déjeuner et me rendre à mon point de départ, le Hancock Overlook duquel part le sentier Hancock Notch Trail. Allons-y pour une autre belle journée.

7h21 (temps en mouvement : 1h20)

Wow. Un sentier vraiment intéressant à courir pour débuter ma journée. Aucune tension dans les jambes. Je peux maintenir une bonne cadence. Il y a bien sûr une partie plus escarpée pour atteindre le sommet du Mont Hancock mais ça vaut l’effort. Je suis récompensé par de beaux paysages. Avec une longue boucle la veille qui m’a peu impressionné, voilà que coup sur coup, les Montagnes Blanches m’offrent deux randos-courses intéressantes avec le Mont Tecumseh et celle-ci.

Et le sentier pour atteindre le Mont South Hancock est tout aussi intéressant. Un beau single track qui relie les deux sommets. Je suis tombé sous le charme de ces deux montagnes.

 


8h41 (temps en mouvement : 2h40)

Un peu moins d’une heure pour redescendre. Une descente tout aussi agréable que la montée. Déjà je pense à ma prochaine destination : le Mont Carrigain. Et je pense aussi à revenir courir ce sentier à d’autres moments de l’année.

Bilan de l’étape :

Durée Distance Dénivelé Sommets
2h40 16 k 800 m 2

Étape 4 le 29 août 2017 : Mont Carrigain

9h34

Je suis déjà prêt à partir pour rejoindre le Signal Ridge à partir de Sawyer River Road. Les pauses de course, lorsque je roule en voiture entre mes points de départ, aident beaucoup pour ma récupération. J’en profite pour manger, changer de souliers et m’étirer.

Les randonneurs que je croise sont souvent intéressés par mon point de départ et ma destination. Quand je leur raconte ce que j’ai entrepris, ils sont tous impressionnés. Je ne sens pas qu’on me juge dans ma démarche pour explorer tous les sommets. Et juste avant de quitter pour cette étape, un randonneur âgé me lance : « Great!! What a show!!! Crush it!!»

Le sentier est tout aussi intéressant que celui pour le Mont Hancock. Intéressant ne veut pas dire que ça ne monte pas. Au contraire. Il y a aussi une belle crête à courir  qui m’offre de beaux points de vue sur la région et je peux apercevoir le sommet du Mont Carrigain avec sa tour d’observation.

11h19 (temps en mouvement : 1h45)

Au sommet de la tour. Splendide. La température est confortable et le ciel est dégagé. J’aperçois au loin la chaîne Présidentielle au nord, la crête empruntée au sud et bien des sommets foulés dans mes aventures.

Au sommet de la tour avec vue au sud sur la crête.

12h46 (temps en mouvement : 3h12)

Une autre étape de complétée. Dans la descente, je croise deux randonneurs que j’avais dépassés dans la montée. Ils m’interpellent. Je me rappelle un commentaire lancé par l’un d’eux dans ma montée : « Don’t rush it. The summit won’t move ». C’est vrai. Mais le moment où je l’ai atteint est unique. En fait, là, c’est déjà du passé et je regarde devant pour compléter mon défi. La vitesse que j’ai choisie est celle qui me permet d’apprécier tous ces sentiers et ces sommets. Lorsque je leur expose ma façon de voir les choses, ils ont trouvé mon propos intéressant et sont devenus des fans de mon défi.

Bilan de l’étape :

Durée Distance Dénivelé Sommets
3h12 17 k 1035 m 1

Carte des étapes 3 et 4:

Étape 5 le 29 août 2017 : Mont Waumbek (bis)

14h06

Déjà rendu à l’entrée du sentier de mon avant-dernier sommet. Les deux derniers sommets sont situés plus au nord et demandent un peu plus de temps pour voyager. C’est encourageant. Je ne devrais pas terminer trop tard cette étape et je pourrai certainement apprécier le dernier sommet avant la noirceur.

15h02 (temps en mouvement : 56 minutes)

C’est un très beau sommet. Je l’ai atteint assez rapidement. Il y a une belle partie dégagée avec un foyer en pierre. De toute beauté.


15h40 (temps en mouvement : 1h34)

Ouin!!! Déjà en bas de la montagne. Pas mal trop rapide pour la distance de 11-12 km. J’ai eu un doute dans la descente. Je savais qu’il y avait un autre sommet juste avant le Mont Waumbek, le Mont Starr King. Ma montre indiquait la bonne distance par contre. Mais je me rappelle qu’au départ, elle n’avait pas capté le signal GPS. Là, je ne suis vraiment pas une Star ni un King de la navigation. Ce n’était pas le bon sommet.

15h43

Toute la planification pour terminer mon aventure de jour vient de tomber. Un 8 km de trop. Mais, après une rapide vérification de la carte, me revoilà parti pour le bon sommet.

Mon énergie est différente pour cette ascension. Je suis déterminé à atteindre le Mont Starr King le plus vite possible pour profiter des kilomètres manquants ensuite.

16h48 (temps en mouvement : 1h05)

Enfin au bon sommet. L’autre est plus intéressant mais au moins, je suis au bon endroit.

 

 


17h32 (temps en mouvement : 1h49)

Et de retour à ma voiture. Une descente rapide pour quitter aussi rapidement vers mon dernier sommet. Car, même s’il est un peu plus tard, je vais pouvoir débuter ma prochaine étape à la clarté.

Bilan de l’étape (Mont Waumbek seulement):

Durée Distance Dénivelé Sommets
1h49 12 k 770 m 1

Étape 6 le 29 août 2017 : Mont Cabot

18h44

M’y voilà. Point de départ de mon dernier sommet. Est-ce que les Montagnes Blanches seront clémentes avec moi? Aurais-je d’autres embûches? J’emprunte la Bunnell Notch Trail pour me diriger vers le sommet.

Un autre sentier intéressant. Je navigue entre roches et racines sans problèmes. Il y a parfois des herbes hautes et je m’imagine des animaux camouflés pour me surprendre. Je file rapidement durant 5 km avant l’ascension plus à pic.

20h37 (temps en mouvement : 1h53)

Mon dernier sommet. Le 48e. Situé un peu après le refuge dans la montagne. C’est la nuit. Mon défi est complété. Mais je dois redescendre.

 


21h53 (temps en mouvement : 3h09)

Mon aventure des 4000 footers est terminée. Les derniers 5 km ont été très agréables à courir. Un sentiment de satisfaction m’envahit. 48 sommets en si peu de temps. Plusieurs découvertes intéressantes. Des aventures folles mais enrichissantes.

Bilan de l’étape :

Durée Distance Dénivelé Sommets
3h09 15 k 820 m 1

Carte des étapes 5 et 6 :

Voici le bilan final de cette 4e aventure (en vert) :

Durée Distance Dénivelé Sommets
18h33 100 k 5795 m 10

À venir: l’épilogue de cette saga dans les Montagnes Blanches

Sébastien

www.sebastienroulier.com

 

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