Épilogue de ma conquête des 48 sommets de plus de 4000 pieds des Montagnes Blanches

Quelles aventures!!! De belles aventures.

J’en avais besoin. Mon corps et ma tête en avaient besoin.

L’appel de la montagne. Retrouver la nature.

Retrouver un équilibre qui m’échappait.

Le plaisir de courir en toute liberté.

Vivre.

Je suis un homme de défi nourri par ma passion de la course.

Maintenant en contrôle, les deux mains sur le gouvernail,

J’explore là où la course me mène

Même si la destination m’est inconnue


I’m sailing away, set an open course for the virgin sea
I’ve got to be free, free to face the life that’s ahead of me
– Styx (Come Sail Away)

Le 6 août dernier, je commençais ma chasse aux sommets de plus de 4000 pieds des Montagnes Blanches au New Hampshire. En 4 aventures et 13 étapes réparties sur 8 journées du mois d’août, j’ai atteint les 48 sommets convoités. Le bilan de toutes les étapes apparaît dans le tableau qui suit. Un lien vous dirige vers le récit de chacune des aventures.

Temps en mouvement

Distance

Dénivelé

Sommets

Aventure 1

12h45

52 k

3000 m

8

Aventure 2

32h45

108 k

6700 m

15

Aventure 3

23h02

108 k

6590 m

15

Aventure 4

18h33

100 k

5795 m

10

Au total

87h

368 k

22000m

48

Et voici la carte qui résume chacune de ces étapes et tous ces sommets atteints.

C’est drôle. Quand on me demande à combien de courses j’ai participé dans l’année, je n’inclus jamais mes défis personnels. Et pourtant. Après deux courses de 100 milles en juin et juillet, je me suis lancé dans une épopée où la distance de chacune de mes aventures est un ultra en soi.

C’est immense. Toute cette étendue, tous ces territoires explorés. La plupart des sentiers et des sommets parcourus m’étaient inconnus. Une quête de l’inconnu pour repousser mes limites. En fait, il n’y a pas de limite. Il s’agit plutôt de côtoyer, flirter avec l’inconfort. Sortir de sa zone de confort pour s’adapter, se découvrir. Découvrir sa nature. Un entraînement à la résilience et la persévérance. Comme cette flore et cette faune présente en haute altitude. Pour vivre.

Une quête de l’inconnu remplie d’intrigues avec tous ces sentiers où je me croyais perdus. Des sentiers peu entretenus, souvent isolés. Beaucoup ont abandonnés, échoués ou rebroussés chemin à cause de ces sentiers. Moi, j’étais confient d’atteindre tous ces sommets sans aucun grand détour…ou presque. Et j’y suis parvenu.

Une quête de l’inconnu avec des déceptions comme de réaliser que le mauvais sommet a été atteint et qu’il faut à nouveau remonter. La déception est souvent de courte durée par contre. Je regarde devant et je poursuis ma quête.

Une quête de l’inconnu en solitaire. Qui voudrait me suivre de toute façon? Ne compter que sur soi-même. Ses forces et ses faiblesses. Un loup solitaire guidé par ses choix. Des décisions réfléchies, sans impulsivité, car la sécurité est importante dans ce milieu. Un défi en autonomie pour mieux me connaître aussi. Rechercher la tranquillité. S’évader. Et y trouver une Nature bienveillante.

Une quête de l’inconnu qui me fait réaliser la chance que j’ai de découvrir tous ces territoires en si peu de temps. Découvrir certains sommets en pleine noirceur.  Contempler un ciel étoilé et ses étoiles filantes. Admirer l’horizon qui prend une teinte rouge juste avant l’apparition du soleil. Être exposé aux intempéries. Le vent, la pluie, l’orage, la brume. Le poids de mon sac ne m’importune pas. Je dois être prêt à affronter toutes ces surprises. Aussi, quelle chance de courir dans la fraîcheur agréable certains matins, de sentir la rosée sur mes jambes en passant dans les herbes. Et toutes ces odeurs de la forêt. Et tous ces paysages.

C’est étrange. Lorsque je survole en pensée tout le territoire de mes aventures et que je m’imagine en train de courir, je me vois comme un petit point sur cette vaste étendue. Vulnérable. Une impression d’être à la merci des montagnes et de ce qui les habite. Une sensation de vertige et de panique face à cette immensité et ce que j’ai accompli. Par contre, lorsque je vis mes aventures, tout revient à un point central beaucoup plus grand, Moi. Un endroit où règne la quiétude et où je suis en contrôle de mon environnement. Comme si j’étais l’œil de l’ouragan qui avance.

J’ai besoin de tous ces kilomètres pour vivre l’inconfort et me sentir encore plus vivant. Aussi, c’est en explorant les sentiers au pas de course que je vis la montagne, que je vis le moment présent. Les sens bien aiguisés pour capter tout ce que l’environnement me transmet. Une montagne et une nature bien vivantes grâce au vent, à l’eau qui coule, à tous ces arbres et ces animaux qui l’habitent. Une montagne et une nature bien vivantes qui me permettent de vivre.

Mais, je réfléchis. Tout aurait pu être différent.

Une perspective différente de parcourir les sommets selon les différentes saisons. Imaginez gravir une paroi en plein hiver. Ou encore traverser des rivières au printemps, à la fonte des neiges. Une perspective différente, aussi, entre la course diurne et nocturne. Une aventure solo ou en équipe. Et s’il avait plu tous les jours de mes aventures. Et si j’avais mis le pied sur cette roche plutôt que sur celle-ci.

Cette réflexion me pousse à vouloir explorer encore et encore le territoire des Montagnes Blanches. Les mêmes sentiers ou les autres. Et une lecture sur la quête des sommets de 4000 pieds et plus (4000 footers) du New Hampshire me révèle des défis de taille.

The Grid. Parcourir les 48 sommets dans chacun des mois du calendrier, pas nécessairement la même année. Je peux quand même cocher le mois d’août.

The Direttissima. The most direct route, the shortest link. Parcourir les 48 sommets sans arrêt et en autonomie complète. Le record actuel est d’environ 6 jours. Ce défi m’intéresse. Explorer d’autres territoires inconnus : de nouveaux sentiers, la fatigue, la douleur. Toujours flirter avec l’inconfort. Et ce sera probablement une aventure avec un équipier en 2018.

Mais pour l’instant, comme chacun de mes défis est le passage vers une nouvelle aventure, mes 48 sommets grimpés vont m’aider à relever mon prochain défi : 24 heures au Défibrose Mont Orford les 29-30 septembre prochain.

N’hésitez pas à m’encourager grâce à un don ou par votre présence durant le Défibrose. Venez profiter de la Flambée des couleurs du Mont Orford avec moi.

Sébastien

www.sebastienroulier.com

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Souvenirs des Montagnes Blanches: Quête et conquête des 48 sommets de plus de 4000 pieds (4)

Les Montagnes Blanches du New Hampshire ont encore 10 sommets de 4000 pieds et plus qui n’ont pas senti mes pas. C’est dans cette 4e aventure que je prévois laisser ma marque sur chacun de ces sommets. J’ai terminé ma 3e aventure de 108 km il y a seulement 4 jours et je planifie une distance semblable pour atteindre les 10 derniers sommets. Cette dernière aventure demande un peu plus de planification car j’aurai plusieurs déplacements en voiture entre les différents sommets.

28 et 29 août 2017

Conquête des 10 derniers sommets un peu partout dans les Montagnes Blanches

Étape 1 le 28 août 2017 : Boucle des Monts Tripyramids, Whiteface et Passaconaway

13h52

Cette étape débute à Sabbaday Brook Trail. J’ai décidé de faire ma plus longue sortie aujourd’hui car elle risque d’être la plus imprévisible. Plus c’est long, plus il peut arriver des problèmes. J’ai choisi ce sentier car j’aurai une portion sur la route à la toute fin pour regagner ma voiture et je voulais la réduire au minimum de distance.

Voilà!!! La chasse aux sommets est lancée. Peu de temps après mon départ, j’apprécie les chutes Sabbaday. Puis, je poursuis mon chemin sur le sentier peu technique.

15h35 (temps en mouvement : 1h43)

Une belle montée pour atteindre le sommet North Tripyramid. C’est un sommet boisé qui n’offre pas de point de vue par contre. Je reviens ensuite sur mes pas pour gravir ses 2 cousins, Middle Tripyramid et South Peak. Ce dernier ne fait pas partie des 4000 footers. Immédiatement après South Peak, c’est une descente sur une pente très escarpée et rocailleuse, South Slide. Ce sentier offre une vue impressionnante sur la partie sud des Montagnes Blanches de ce secteur. Mais,  j’ai l’impression d’avoir manqué le prochain sentier que je dois emprunter sur ma gauche. Je reviens vers South Peak pour finalement en venir à l’évidence que le sentier sera dans la pente abrupte. Dans ma 2e descente de South Slide, je trouve enfin l’intersection du sentier Kate Sleeper Trail. C’est un long sentier en backcountry, jonché de plusieurs arbres déracinés. À plusieurs occasions, je crois avoir perdu le sentier. J’ai vraiment hâte d’atteindre la prochaine intersection.

17h15 (temps en mouvement : 3h23)

Plutôt décevant. Un autre sommet boisé, celui de Whiteface. Par contre, le sentier qui va suivre, Rollins Trail est intéressant à courir. Une longue ascension finale m’amène ensuite au sommet du Mont Passaconaway environ une heure après avoir quitté le Mont Whiteface.

 


19h35 (temps en mouvement : 5h43)

J’arrive enfin au Kancamagus Highway (route 112). Il commence à faire sombre. J’ai environ 4km à courir sur cette route pour rejoindre mon véhicule et boucler ma longue boucle dans le Sandwich Range Wilderness.

19h57 (temps en mouvement : 6h05)

De retour à ma voiture. En peu de temps, je suis déjà en direction de mon prochain sommet que je veux gravir, le Mont Tecumseh.

Bilan de l’étape :

Durée Distance Dénivelé Sommets
6h05 32 k 1700 m 4

Étape 2 le 28 août 2017 : Mont Tecumseh

21h20

J’entame l’ascension du Mont Tecumseh en pleine nuit. J’ai choisi le point de départ au pied des pentes de ski de la montagne. Le trajet pour me rendre au village de Waterville Valley est un peu plus long que prévu. La route Tripoli est cahoteuse et je tourne longtemps en rond pour finalement trouver l’entrée du sentier.

22h15 (temps en mouvement : 55 minutes)

Déjà au sommet. Une belle rando-course à la frontale. Courir de nuit éveille d’autres sens. La nuit est calme. Ça me fait étrange de découvrir des territoires inconnus à la noirceur. Je devrai y revenir pour contempler les paysages manqués. Mais, ça demeure une belle expérience. Une perspective différente pour apprécier les montagnes.

22h58 (temps en mouvement : 1h38)

Une descente rapide avec une bonne cadence, malgré la noirceur, m’amène à mon véhicule. Il est tard. Cet endroit sera mon endroit pour dormir. La nuit sera courte avec tous les autres sommets à atteindre demain.

Bilan de l’étape :

Durée Distance Dénivelé Sommets
1h38 8 k 670 m 1

Cartes des étapes 1 et 2


Étape 3 le 29 août 2017 : Mont Hancock

6h01

Une nuit très courte pour pouvoir terminer mon défi. Au menu, il y a 5 sommets aujourd’hui. Je me suis réveillé à 4h30 pour déjeuner et me rendre à mon point de départ, le Hancock Overlook duquel part le sentier Hancock Notch Trail. Allons-y pour une autre belle journée.

7h21 (temps en mouvement : 1h20)

Wow. Un sentier vraiment intéressant à courir pour débuter ma journée. Aucune tension dans les jambes. Je peux maintenir une bonne cadence. Il y a bien sûr une partie plus escarpée pour atteindre le sommet du Mont Hancock mais ça vaut l’effort. Je suis récompensé par de beaux paysages. Avec une longue boucle la veille qui m’a peu impressionné, voilà que coup sur coup, les Montagnes Blanches m’offrent deux randos-courses intéressantes avec le Mont Tecumseh et celle-ci.

Et le sentier pour atteindre le Mont South Hancock est tout aussi intéressant. Un beau single track qui relie les deux sommets. Je suis tombé sous le charme de ces deux montagnes.

 


8h41 (temps en mouvement : 2h40)

Un peu moins d’une heure pour redescendre. Une descente tout aussi agréable que la montée. Déjà je pense à ma prochaine destination : le Mont Carrigain. Et je pense aussi à revenir courir ce sentier à d’autres moments de l’année.

Bilan de l’étape :

Durée Distance Dénivelé Sommets
2h40 16 k 800 m 2

Étape 4 le 29 août 2017 : Mont Carrigain

9h34

Je suis déjà prêt à partir pour rejoindre le Signal Ridge à partir de Sawyer River Road. Les pauses de course, lorsque je roule en voiture entre mes points de départ, aident beaucoup pour ma récupération. J’en profite pour manger, changer de souliers et m’étirer.

Les randonneurs que je croise sont souvent intéressés par mon point de départ et ma destination. Quand je leur raconte ce que j’ai entrepris, ils sont tous impressionnés. Je ne sens pas qu’on me juge dans ma démarche pour explorer tous les sommets. Et juste avant de quitter pour cette étape, un randonneur âgé me lance : « Great!! What a show!!! Crush it!!»

Le sentier est tout aussi intéressant que celui pour le Mont Hancock. Intéressant ne veut pas dire que ça ne monte pas. Au contraire. Il y a aussi une belle crête à courir  qui m’offre de beaux points de vue sur la région et je peux apercevoir le sommet du Mont Carrigain avec sa tour d’observation.

11h19 (temps en mouvement : 1h45)

Au sommet de la tour. Splendide. La température est confortable et le ciel est dégagé. J’aperçois au loin la chaîne Présidentielle au nord, la crête empruntée au sud et bien des sommets foulés dans mes aventures.

Au sommet de la tour avec vue au sud sur la crête.

12h46 (temps en mouvement : 3h12)

Une autre étape de complétée. Dans la descente, je croise deux randonneurs que j’avais dépassés dans la montée. Ils m’interpellent. Je me rappelle un commentaire lancé par l’un d’eux dans ma montée : « Don’t rush it. The summit won’t move ». C’est vrai. Mais le moment où je l’ai atteint est unique. En fait, là, c’est déjà du passé et je regarde devant pour compléter mon défi. La vitesse que j’ai choisie est celle qui me permet d’apprécier tous ces sentiers et ces sommets. Lorsque je leur expose ma façon de voir les choses, ils ont trouvé mon propos intéressant et sont devenus des fans de mon défi.

Bilan de l’étape :

Durée Distance Dénivelé Sommets
3h12 17 k 1035 m 1

Carte des étapes 3 et 4:

Étape 5 le 29 août 2017 : Mont Waumbek (bis)

14h06

Déjà rendu à l’entrée du sentier de mon avant-dernier sommet. Les deux derniers sommets sont situés plus au nord et demandent un peu plus de temps pour voyager. C’est encourageant. Je ne devrais pas terminer trop tard cette étape et je pourrai certainement apprécier le dernier sommet avant la noirceur.

15h02 (temps en mouvement : 56 minutes)

C’est un très beau sommet. Je l’ai atteint assez rapidement. Il y a une belle partie dégagée avec un foyer en pierre. De toute beauté.


15h40 (temps en mouvement : 1h34)

Ouin!!! Déjà en bas de la montagne. Pas mal trop rapide pour la distance de 11-12 km. J’ai eu un doute dans la descente. Je savais qu’il y avait un autre sommet juste avant le Mont Waumbek, le Mont Starr King. Ma montre indiquait la bonne distance par contre. Mais je me rappelle qu’au départ, elle n’avait pas capté le signal GPS. Là, je ne suis vraiment pas une Star ni un King de la navigation. Ce n’était pas le bon sommet.

15h43

Toute la planification pour terminer mon aventure de jour vient de tomber. Un 8 km de trop. Mais, après une rapide vérification de la carte, me revoilà parti pour le bon sommet.

Mon énergie est différente pour cette ascension. Je suis déterminé à atteindre le Mont Starr King le plus vite possible pour profiter des kilomètres manquants ensuite.

16h48 (temps en mouvement : 1h05)

Enfin au bon sommet. L’autre est plus intéressant mais au moins, je suis au bon endroit.

 

 


17h32 (temps en mouvement : 1h49)

Et de retour à ma voiture. Une descente rapide pour quitter aussi rapidement vers mon dernier sommet. Car, même s’il est un peu plus tard, je vais pouvoir débuter ma prochaine étape à la clarté.

Bilan de l’étape (Mont Waumbek seulement):

Durée Distance Dénivelé Sommets
1h49 12 k 770 m 1

Étape 6 le 29 août 2017 : Mont Cabot

18h44

M’y voilà. Point de départ de mon dernier sommet. Est-ce que les Montagnes Blanches seront clémentes avec moi? Aurais-je d’autres embûches? J’emprunte la Bunnell Notch Trail pour me diriger vers le sommet.

Un autre sentier intéressant. Je navigue entre roches et racines sans problèmes. Il y a parfois des herbes hautes et je m’imagine des animaux camouflés pour me surprendre. Je file rapidement durant 5 km avant l’ascension plus à pic.

20h37 (temps en mouvement : 1h53)

Mon dernier sommet. Le 48e. Situé un peu après le refuge dans la montagne. C’est la nuit. Mon défi est complété. Mais je dois redescendre.

 


21h53 (temps en mouvement : 3h09)

Mon aventure des 4000 footers est terminée. Les derniers 5 km ont été très agréables à courir. Un sentiment de satisfaction m’envahit. 48 sommets en si peu de temps. Plusieurs découvertes intéressantes. Des aventures folles mais enrichissantes.

Bilan de l’étape :

Durée Distance Dénivelé Sommets
3h09 15 k 820 m 1

Carte des étapes 5 et 6 :

Voici le bilan final de cette 4e aventure (en vert) :

Durée Distance Dénivelé Sommets
18h33 100 k 5795 m 10

À venir: l’épilogue de cette saga dans les Montagnes Blanches

Sébastien

www.sebastienroulier.com

 

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Souvenirs des Montagnes Blanches: Quête et conquête des 48 sommets de plus de 4000 pieds (3)

Les Montagnes Blanches au New Hampshire ont encore quelques sommets de 4000 pieds et plus à m’offrir. Ça se poursuit dans une 3e aventure. Cette fois, des randos-courses de distances variées pour atteindre plusieurs de ces sommets.

22 au 24 août 2017

Conquête de 15 sommets dont plusieurs dans la Pemigewasset Wilderness

Étape 1 le 22 août 2017 : Willey range

15h22

Arrivée un peu tardive pour entreprendre cette 3e aventure. On annonce des orages un peu plus tard en soirée. J’espère bien ne pas trop subir la foudre de miss météo. Je quitte tout de même du Crawford Notch Depot sur la 302 pour gravir le Mont Tom.

16h17 (temps en mouvement : 55 minutes)

Après une montée constante mais peu technique, j’atteins le sommet du Mont Tom. Beaucoup des sommets de la Présidentielle offrent un sommet dégagé. Mais plusieurs des autres sommets des Montagnes Blanches n’ont pas de proéminence rocheuse. Le Mont Tom en fait partie et j’ai bien l’impression que les 2 autres de mon étape n’en auront pas non plus.


17h11 (temps en mouvement : 1h49)

Le sentier Willey ridge m’amène à traverser le Mont Field pour ensuite rejoindre le Mont Willey où je me trouve. Ce n’est pas toujours évident de savoir si c’est bien le sommet. Cependant un cairn dans la forêt semble confirmer l’emplacement de mon point de retour. Sur une partie dégagée du sentier, j’aperçois le ciel plus au nord et ça semble peu invitant d’aller vers la Présidentielle.

 


18h32 (temps en mouvement : 3h10)

De retour à mon point de départ, beaucoup plus mouillé que quelques heures auparavant. Sur mon retour, au niveau du Mont Field, la pluie, d’abord fine puis torrentielle, s’abat sur moi. Le ciel gronde. Malgré ma descente plus rapide, j’ai froid. Mais tout ceci ne dure pas très longtemps. J’en profite pour faire un détour au sommet du Mont Avalon qui offre une vue sur le Mont Webster avant de poursuivre vers ma voiture.


Bilan de l’étape :

Durée Distance Dénivelé Sommets
3h10 16 k 1040 m 3

Étape 2 le 22 août 2017 : Mont Hale

18h58

Environ 25 minutes après avoir terminé ma première étape, je me dirige au bout de Zealand Road pour commencer l’ascension du Mont Hale. En fait, en roulant, je ne sais toujours pas si je vais faire la montée en soirée vue la météo annoncée. Mais en présence d’un ciel dégagé, je décide de faire cette courte rando-course.

C’est une montée exigeante mais le relief se dévoile par petits bouts grâce à la lumière de ma frontale que j’ai allumée à la mi-montée. J’ai une bonne énergie malgré la première étape effectuée plus tôt.

19h43 (temps en mouvement : 45 minutes)

Un amas de roches se trouve dans une clairière. C’est le sommet. Je ne m’aventure pas à découvert. Le show de son et lumière commence à cet instant. Le temps d’une photo rapide (un peu floue) et me voilà à dévaler la pente pour le retour.


20h12 (temps en mouvement : 1h14)

La lumière des éclairs fraient son chemin à travers les arbres dans ma descente mais la pluie est rare. Le versant de ma descente semble épargné par l’orage. Mais rendu à ma voiture, c’est le déluge. Juste à temps, je grimpe dans ma voiture pour aller vers le stationnement du Mont Cannon, dans le Franconia Notch, l’endroit où j’ai prévu dormir dans mon mini-van.

Bilan de l’étape :

Durée Distance Dénivelé Sommets
1h14 7 k 690 m 1

Carte de mes 2 premières étapes


Étape 3 le 23 août 2017 : une genre de Pemi-loop

6h55

J’ai eu une très bonne nuit de sommeil malgré l’orage. La température est plus fraîche ce matin ce que j’apprécie beaucoup. Je suis frais et dispo pour cette longue rando-course qui m’amènera sur plusieurs sommets de la Pemi-loop. Mon point de départ est le Lincoln Woods Visitor Center. Comme je veux un ravitaillement vers la fin de ma boucle, je décide de faire le trajet en sens anti-horaire pour me ravitailler à Galehead Hut. Donc, direction Bondcliff.

9h19 (temps en mouvement : 2h24)

Bondcliff. Un des plus beaux points de vue des Montagnes Blanches. Au loin, je devine plusieurs sommets que je vais fouler.

10h19 (temps en mouvement : 3h24)

Lorsque je fais le trajet de la Pemi-loop, je  demeure sur le sentier principal. Mais, aujourd’hui, je veux rejoindre les 4000 footers comme le Mont West Bond. Un court sentier m’y mène. Et je suis content de ce détour. J’ai l’impression d’être sur une presqu’île qui avance dans l’immensité verte de ce qui m’entoure. Je surplombe cette région sauvage comme sur la proue d’un navire.


11h24 (temps en mouvement : 4h29)

Vue du Mont Guyot

Au sommet du Mont Zealand. Bien à l’écart de la Pemi-loop mais, j’ai prévu faire ce sommet en faisant un aller-retour. Pour y arriver, je passe par le Mont Guyot. Dans mes souvenirs de la Pemi-loop, c’est un endroit qui offre une belle perspective et encore aujourd’hui, je suis satisfait. C’est comme si on était sur une plaine avec une végétation qui présente de belles couleurs et en arrière-plan, il y a les sommets gravis depuis le matin. Par la suite, ça se gâte. Le sentier est jonché de roches glissantes pour se rendre au Mont Zealand. Un sommet à la fois. Je vais faire face aux difficultés lorsqu’elles se présenteront. Et là, ce sont des roches.

12h59 (temps en mouvement : 6h04)

Cette fois, c’est la boue qui ralentit mon chemin pour atteindre le sommet du Mont North Twin. Un peu plus de 2 kilomètres séparent ce sommet de son frère South Twin que j’ai atteint un peu avant.

 


13h59 (temps en mouvement : 7h04)

Après la longue descente du Mont South Twin, je fais une petite pause santé au Galehead Hut. Tout se passe bien côté provisions mais j’achète quelques trucs pour des calories supplémentaires.

Le prochain sommet est tout près. Le Mont Galehead est à 20 minutes du refuge. Il ne me reste qu’un sommet maintenant. Mon trajet quitte la Pemi-loop car tous les autres sommets ont été rejoints lors de ma première aventure. Il ne me reste que le Mont Owl’s Head situé en plein cœur de la région de Pemigewasset, isolé, loin de tout.

17h26 (temps en mouvement : 10h31)

Ouff!!! Un sommet difficile à atteindre. Le sentier d’approche est plutôt long et mal balisé. La première section est roulante en single track. Au 13 Falls Tentsite, je dois traverser une rivière. Elle est à sec mais je l’imagine plus gonflé au printemps. De l’autre côté, c’est le sentier Lincoln Brook. C’est intéressant de longer les chutes. Il doit bien y en avoir 13. Une sortie du sentier pour prendre une photo m’a permis de trouver et manger mes premiers fruits depuis longtemps : des bleuets sauvages. J’ai peut-être pris le lunch d’un ours?

 

 

 

 


Un peu plus loin, le sentier devient difficile à courir. Roches glissantes. Racines. Boue. Roches. Boue. Encore des racines. La fatigue me gagne. Je glisse en traversant sur un tronc. En pensant mettre mon pied sur une petite section boueuse peu profonde, mon pied enfonce jusqu’à mi-mollet. Et, j’espère ne pas manquer l’entrée du sentier pour le sommet car le balisage est encore plus absent.

Par chance, des gens ont mis des cairns pour l’identifier. Un sentier très à pic sur de gros cailloux instables. Je croise des randonneurs dans leur descente. L’un d’eux me demande si je suis bien un trail runner. J’avais l’impression par le ton de sa question, qu’il venait de trouver une espèce rare dont on parle beaucoup mais qu’on voit peu.

Rendu au sommet, je jase avec un autre randonneur qui a aussi l’objectif de faire les 48 sommets. Lui, par contre, va dormir dans la forêt. Moi, je veux retourner à ma voiture car j’ai une 3e journée de course en tête.

19h42 (temps en mouvement : 12h47)

C’est fou comment mon corps répond bien à la descente. Je file dans les sentiers malgré les kilomètres déjà parcourus. J’atteins enfin le pont qui enjambe la rivière et qui signe la fin de cette étape. C’est maintenant le temps de me laver dans la rivière avant une autre nuit de sommeil dans mon mini-van.


Bilan de l’étape :

Durée Distance Dénivelé Sommets
12h47 61 k 3000 m 8

Carte de cette étape :


Étape 4 le 24 août 2017 : Mont Moosilauke

7h22

Un départ vers le sommet du Mont Moosilauke. J’ai tellement bien dormi à la noirceur à la base de la montagne. J’emprunte le sentier Beaver Brook. Après quelques minutes, une affiche annonce que le sentier sera très difficile et dangereux. Je croyais avoir un début de journée facile. Mais il faut croire que c’est un castor bricoleur qui habite sur ce sentier. Pendant plus de 2 kilomètres, ça monte. Ça monte à pic le long d’une belle cascade. C’est beau. Mais ça monte et ça monte encore.

9h07 (temps en mouvement : 1h45)

Quelle belle vue!!! Je suis dans les nuages mais d’atteindre un sommet dans une zone alpine sans arbre me surprend. Je ne m’attendais pas à cela. Il y a de forts vents qui me font du bien. La partie exposée n’est pas très longue mais je dois tout de même me guider grâce aux cairns pour atteindre le sommet.


10h33 (temps en mouvement : 3h11)

Une descente rapide me permet de rejoindre la partie très à pic de la cascade. Je demeure prudent dans le reste de la descente. Je réalise que les moments où je longe des cours d’eau, des chutes ou des cascades, eh bien, ça donne de la vie à la montagne. Comme le vent dans les arbres et au sommet.

Bilan de l’étape :

Durée Distance Dénivelé Sommets
3h11 12 k 950 m 1

Étape 5 le 24 août 2017 : les Monts Osceolas

11h11

Ma dernière étape de cette 3e aventure commence à Greeley Ponds Trail. J’ai mangé un peu sur la route. J’attaque maintenant ce sentier roulant très peu exigeant. Mais lorsque je vire sur le sentier du Mont Osceola, l’ascension commence. Avec mes bâtons, je trouve un bon rythme. Souvent, je dois utiliser les mains pour grimper des parois rocheuses. J’imagine déjà une descente difficile. Pour atteindre le Mont Osceola, je croise son cousin, le Mont East Osceola. Son sommet est sous le couvert des arbres.

12h43 (temps en mouvement : 1h32)

Déjà au sommet du Mont Osceola. Plusieurs randonneurs mangent leur dîner au sommet qui offre une vue sur plus de 180°. Les paysages sont beaux. En regardant tous les sommets au loin, je réalise que c’est immense tout ce que j’ai accompli depuis le début de ma quête des 48 sommets. Celui-ci est mon 38e sommet.


13h51 (temps en mouvement : 2h40)

Une belle descente pour terminer cette aventure. Finalement, tout est une question de perspective. La descente que j’anticipais difficile était beaucoup plus facile. En courant de roche en roche, j’ai repéré un chemin, le meilleur, pour naviguer sans trop m’épuiser et sans risquer de tomber. Même s’il s’agit du même sentier, la montée est bien différente de la descente.

Et maintenant, allez hop!!! Dans l’auto!!! J’ai un training avec le Club de Trail Le Coureur à 18h.

Bilan de l’étape :

Durée Distance Dénivelé Sommets
2h40 12 k 910 m 2

Cartes des étapes 4 et 5 :

 

 

 


Voici le bilan final de cette 3e aventure (en rouge):

Durée Distance Dénivelé Sommets
23h02 108 k 6590 m 15

La suite: une 4e et dernière aventure dans les Montagnes Blanches.

Sébastien

www.sebastienroulier.com

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Souvenirs des Montagnes Blanches: Quête et conquête des 48 sommets de plus de 4000 pieds (2)

À peine ma première aventure terminée que je planifiais déjà la prochaine. Ma plus longue sortie en autonomie dans les Montagnes Blanches au New Hampshire allait commencer bientôt. Mon objectif, toujours atteindre les sommets de 4000 pieds et plus.

« C’est dans l’adversité qu’on devient plus fort. » (proverbe)

Je sais que dans mon prochain défi, il y aura des moments difficiles. Plus mes parcours sont longs, plus il y a de chance que ça aille mal. Je ne pars pas avec l’idée que des problèmes vont survenir. Mais, je m’entraîne à y réagir, à m’adapter. La résilience et la persévérance, ça se pratique.

13-14 août 2017

Conquête de 15 sommets sur le sentier du Mont Isolation, le Wildcat-Carter-Moriah Range et la Presidential Range

6h

Départ du Webster Cliff Trail sur la route 302. Ma première destination est le Mont Isolation. Pour une première fois dans les Montagnes Blanches, je commence par des sentiers plutôt plats. Une bonne façon pour se délier les jambes après un réveil matinal quatre heures plus tôt et un peu plus de 2 heures de route.

 

La Saco River Trail et la Dry River Trail sont mes « sentiers warm-up ». Je longe la Dry River sur plusieurs kilomètres. Elle doit être beaucoup plus gonflée au printemps. Aujourd’hui, de grosses roches sont apparentes et il y a beaucoup de troncs d’arbres échoués. Je traverse un pont suspendu pour poursuivre mon chemin sur le versant est de la rivière.

J’emprunte ensuite Isolation Trail. Après 10-15 minutes sur ce sentier, j’ai un doute si je suis réellement sur le bon sentier. Je rebrousse chemin jusqu’à l’intersection précédente pour réaliser que c’était bien le bon chemin. Le sentier n’est pas marqué et il est encombré de débris. C’est un sentier qui semble peu emprunté. Je crois qu’on devrait l’appeler « Desolation trail » plutôt.

9h46 (temps en mouvement : 3h46)

Au sommet du Mont Isolation. Aucune visibilité. Je m’y attendais. J’ai repoussé mon départ de 24 heures en sachant que j’aurais les restes d’une soirée et nuit d’orages et qu’un dégagement surviendrait plus tard dans ma journée.

Je reviens sur mes pas pour suivre Davis Path et ensuite Glen Boulder Trail. La section en altitude m’offre de la pluie, des vents forts et une visibilité réduite. J’aime les défis de la montagne. Une force sournoise qui nous oblige à s’adapter constamment. Et dans de longues sorties comme celle-ci, la planification est importante tant pour l’hydratation, la nourriture, les vêtements et l’équipement. Et je suis prêt pour toutes intempéries avec mon sac à dos chargé de 15 livres de choses essentielles.

La descente sur Glen Boulder Trail n’est pas de tout repos. Les roches sont très glissantes. Le fameux « boulder » d’où vient le nom du sentier est toujours bien là. Sinon, il faudrait renommer le sentier par Glen Trail seulement.

 

 


12h30 (temps en mouvement : 6h30)

Le premier tiers de mon trajet est complété. Plus de 30 kilomètres pour gravir un seul sommet. Mais, ce qui s’en vient dans cette deuxième section me permettra de rayer plusieurs sommets. Le Wildcat-Carter-Moriah Range s’annonce très intéressant.

Je dois traverser une rivière pour atteindre le sentier qui m’amènera vers les sommets de Wildcat Trail. L’ascension est imposante. Un bon dénivelé. Des roches placées en escalier parfois. Ça me fait penser à l’escalier du Mordor. Près de 1h20 pour atteindre le sommet Wildcat D où un télésiège permet à des gens d’accéder à ce sommet.


15h20 (temps en mouvement : 9h20)

Me voilà au Carter Notch Hut. Mon premier ravitaillement en eau. J’ai dû faire une longue descente pour rejoindre ce refuge bordé par deux petits lacs paisibles.

Je me dirige ensuite vers les sommets du Carter Range. 45 minutes pour me retrouver au sommet du Carter Dome. Je fais un petit détour vers le Mont High que plusieurs recommandent de faire pour apprécier la vue sur 360°. J’aperçois la Présidentielle, le dernier tiers de mon parcours. Mais, je dois me rendre à Gorham avant et sur mon chemin, il y a encore 3 sommets.

 

19h07 (temps en mouvement : 13h07)

Mon dernier sommet de plus de 4000 pieds de cette section : le Mont Moriah. C’est ensuite la descente vers le village de Gorham où j’ai prévu faire une pause pour manger dans un restaurant. Même si tout semble bien aller au niveau des calories et de l’hydratation, je dois éviter toute dette d’énergie. La nuit s’en vient. Les vents seront intenses par la suite. Mais, j’aurai un ciel dégagé.

Dans ma descente, je foule le sommet du Mont Surprise. Aucun ballon. Aucune banderole. Aucune trompette. Il n’y a qu’un renard qui fuit ma présence. La fête doit être terminée…

Quelques minutes avant d’atteindre Gorham, toujours dans la forêt, je dois commencer à utiliser ma lampe frontale.

 


20h33 (temps en mouvement : 14h33)

Lorsque j’atteins la route, je me dirige vers un Subway. Je mange la moitié de mon sandwich et je bois mon jus. Je garde ma 2e moitié du sandwich et des chips pour la route.

Je profite de cet arrêt pour vérifier mon équipement. Comme je commence à avoir froid, je m’habille avec des leggings et un gilet à manche longue. Je réalise que j’ai perdu mes batteries de rechange. Elles ont dû tomber lorsque j’ai sorti ma lampe dans ma descente du Mont Surprise. J’ai tout de même deux lampes frontales mais une d’elles à une meilleure force que l’autre.

21h30 (temps en mouvement : 15h30)

J’entreprends maintenant le dernier tiers de mon parcours : la traversée de la Présidentielle en pleine nuit. Mon premier objectif est bien sûr le Mont Madison. Pour rejoindre les sentiers connus, je dois emprunter un sentier qui relie Gorham à la route du Dolly Copp Campground. J’ai lu les indications pour ce sentier mais j’aurais préféré le marcher à la clarté. La carte que j’utilise ne montre pas ce sentier. Je me rappelle que le sentier débute à la fin de la rue Promenade. C’est un sentier de véhicule tout terrain. Au loin, ma lampe frontale illumine une paire de yeux. Suis-je dans un territoire d’ours ou de cerfs de virginie? C’est quand même par-là que je dois aller. L’animal fuit. J’atteins le sentier vers Pine Mountain. Mais à peine 200 mètres parcourus que je débouche sur un autre sentier de VTT. Dois-je aller à gauche ou à droite? J’essaye vers la gauche durant 5 minutes. Mais comme je semble suivre un trajet parallèle à la rue Promenade, j’en conclus que c’est de l’autre côté mon sentier. Je trouve finalement l’entrée du sentier. Dans la montée, je commence à avoir chaud. Je suis même inconfortable. Je change de vêtements à nouveau pour retrouver mes shorts et manches courtes. Lorsque les indications m’annoncent une boucle au sommet, je n’ai pas l’intention de tourner en rond. Il y a aussi un sentier sur planches de bois dont je ne sais pas la destination. Au milieu de nulle part, je bifurque vers un campement pour rejoindre une route de gravelle. Elle me mènera finalement à l’entrée du sentier Pine Link.

23h10 (temps en mouvement : 17h10)

Ah!!! Là, j’ai un bon repère sur ma carte. Objectif : Mont Madison. Je ne veux pas dormir pour l’instant même si je sens la fatigue me gagner car je veux voir le ciel étoilé du haut des géants des Montagnes Blanches. La montée est longue. Les pas sont difficiles. Le sentier est intéressant par contre. Une belle découverte. À quelques occasions, j’arrête pour apprécier le ciel, lampe frontale fermée. Plus je monte, plus les vents sont puissants. On annonçait des vents de plus de 100 km/h dans les prévisions météo. Le facteur vent me fait ressentir un mercure tout près du zéro. Je m’habille en conséquence.

2h (temps en mouvement : 20h)

Enfin au sommet du Mont Madison. L’énergie du vent me réveille. Ma prochaine destination est Madison Hut. J’essaie de ne pas trop faire de bruit lorsque je fais le plein d’eau. Et là, je vois des bananes sur le comptoir. Ça fait de nombreuses heures que je n’ai pas mangé des fruits frais. Mon fruit favori est là, à portée de main. Je laisse 2$ sur le comptoir et je me régale d’une banane. Un petit plaisir de ma rando-course.

En quittant le refuge, je m’arrête pour observer le ciel à nouveau. C’est le temps des Perséides. En quelques minutes seulement, j’aperçois plusieurs étoiles filantes. Le spectacle est intéressant. Et le ciel est magnifique.

5h (temps en mouvement : 23h)

Le Mont Adams est déjà derrière moi. La traversée jusqu’au Mont Jefferson a été pénible. L’orientation de cairn en cairn en pleine nuit est difficile. Le sentier parsemé de grosses roches rend l’expérience encore plus difficile. Et je sens que mes chevilles collaborent moins bien qu’au début de mon aventure. Volontairement, je n’avais pas pris mes bâtons de randonnée. Mais là, que j’aimerais les avoir!!

Les premières lueurs du jour apparaissent au sommet du Mont Jefferson. Je n’ai plus besoin de ma lampe frontale. Mon prochain sommet est le Mont Washington. Je suis en manque de sommeil mais c’est surtout mes chevilles qui m’agacent. À plusieurs reprises je m’assois sur les roches pour me reposer.

7h30 (temps en mouvement : 25h30)

Au sommet du Mont Washington. Un ciel dégagé. Plein de sommets dans mon champ de vision. Je devine tous les sommets parcourus jusqu’à maintenant. C’est gigantesque tout ce que j’ai parcouru. Environ 80 kilomètres et 11 sommets rayés de ma liste.

 


11h (temps en mouvement : 29h)

Ma progression est lente jusqu’à Mizpah Spring Hut. Dans chacun des refuges, j’arrête pour faire le plein d’eau et acheter un petit quelque chose. Auparavant, à Lake of The Clouds, on m’a offert du scone bread. C’est fou tout ce que j’ai mangé depuis que j’ai quitté Gorham. Je mange beaucoup plus dans cette 3e partie de mon aventure que durant les deux premières parties.

Je me dirige ensuite vers le Mont Jackson. Mon dernier sommet de cette aventure. Initialement, j’envisageais faire les sommets sur le Willey Ridge, mais toute bonne chose à une fin et je choisi de la terminer par Webster Cliff Trail. Rien de facile pour mes chevilles. Je suis prudent et je ne fais aucun faux pas. J’ai des points de vue superbes sur la crête que j’ai laissée tomber.


14h45 (temps en mouvement : 32h45)

De retour à mon point de départ.

32h45 pour parcourir plus de 100km. Aucune idée du dénivelé mais je crois qu’il y en a beaucoup. C’est 15 sommets que je peux rayer de ma liste.

Déjà presque à la moitié. Il ne reste que 25 autres sommets à atteindre maintenant.

La suite: une 3e aventure dans les Montagnes Blanches.

Sébastien

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Souvenirs des Montagnes Blanches: Quête et conquête des 48 sommets de plus de 4000 pieds (1)

Depuis 2-3 ans, j’ai un projet en tête. Faire une rando-course d’environ 160km dans les White Mountains au New Hampshire. Mon trajet débuterait par une traversée de la Présidentielle à partir d’Appalachia (rte2) pour aller rejoindre Zealand et la Pemi Loop pour enfin retracer mon chemin de retour par la Présidentielle.

C’est ce que je prévoyais faire jusqu’à ce que des amis lancent une publication Facebook le 3 août dernier qui annonçait leur conquête des 48 sommets de 4000 pieds et plus des White Mountains. L’idée était plus intéressante que mon projet initial. J’allais découvrir d’autres sentiers et d’autres sommets et cette aventure allait commencer très bientôt.

Aventure du 6 août 2017

Conquête de 8 sommets sur le Kinsman Ridge, Franconia Ridge et Garfield Ridge


7h30

Départ du Tramway Parking au pied du Mont Cannon pour une rando-course. Je veux atteindre les sommets présents sur le Kinsman Ridge, Franconia Ridge et Garfield Ridge.

Le ciel est nuageux. La température est plutôt fraîche. Je suis prêt pour la montée.

 

La montée est abrupte mais c’est une ascension qui me surprend. Un sentier creusé dans la végétation, parfois rocailleux et souvent sur une poussière de roche. La forêt est enveloppante.

 

 

 

 

J’aurai la tête dans les nuages pour le dernier tiers de la montée.

8h24 (temps en mouvement: 54 minutes)

Mon premier sommet est atteint. Il y a un banc avec des inscriptions dessus.

« This bench is dedicated to the spirit of the mountain and to those souls who mirrored its beauty. »

« If you love someone, tell them. Most importantly, stay close to your friends. Let it make a difference in your day and theirs. » – Jerry Warlop

 

J’y reste un peu pour manger. À cet endroit, j’ai accès à une tour d’observation. Je devrai revenir un autre jour car, pour moi, il n’y a rien à observer. Que du brouillard.

J’emprunte ensuite le sentier qui deviendra le « sentier coup de cœur » de ma randonnée, le Kinsman Ridge. Un sentier sans trop de dénivelé, sinueux et sans trop de racines. Il y a bien sûr quelques montées pour atteindre les 2 sommets suivants : Mont Kinsman North et Mont Kinsman South.

10h49 (temps en mouvement: 3h19)

J’atteins mon 3e sommet : le Mont Kinsman South. Les deux sommets Kinsman sont dans les nuages. J’hésite à retourner sur mes pas ne sachant pas si j’ai réellement atteint le sommet du Mont Kinsman South. D’autres randonneurs me confirment que c’est bien ici. C’est comme ça dans les White Mountains, peu de sommets sont identifiés.

Je suis maintenant prêt à retourner sur mes pas pour descendre vers la route que je dois traverser pour atteindre les sentiers qui me mèneront au Franconia Ridge.

J’effectue la descente par les sentiers Kinsman Pond et Cascade Trail. Je longe un bel étang avant de suivre un ruisseau. Le sentier est technique et glissant. Il semble peu achalandé car les roches sont couvertes d’une mousse verte. Tout est étrangement tranquille dans ce sentier. Les couleurs sont superbes. Plusieurs tons de verts.

 

 

 

 


12h30 (temps en mouvement: 5h)

Après 5 heures de rando-course, j’arrive au niveau de la route. J’emprunte le passage sous la I-93 pour rejoindre le sentier qui me mènera vers ma prochaine destination, le Mont Flume. Mais avant, j’en profite pour m’installer sur une souche et manger un sandwich au beurre d’arachide et bananes. Il n’a jamais été aussi bon.

Bien rassasié, je peux maintenant entamer la 2e phase de mon périple. Je prends le sentier qui me mènera directement au sommet du Mont Flume, la Flume Slide Trail. Les premiers kilomètres sont plutôt plats ou légèrement en montée. Il faudra bien que ça monte un peu plus si je veux atteindre le sommet à plus de 4000 pieds. Je vais vite comprendre pourquoi le sentier porte l’appellation « slide ». Sur ma carte, les courbes de niveau sont plutôt rapprochées. C’est le sentier le plus dangereux que j’ai emprunté dans toutes mes randonnées. Très à pic, aucun répit, toujours à utiliser mes mains pour grimper. Parfois, il est plus sécuritaire de monter dans la végétation le long des rochers pour éviter de glisser. Et tout ça sur plus de un kilomètre. Ce sentier deviendra mon « sentier casse-cou ». Aucune place à l’erreur.

14h05 (temps en mouvement: 6h35)

Enfin au sommet du Mont Flume. Enfin en terrain connu. Je vois au loin le trajet du Franconia Ridge qui me mènera jusqu’au sommet du Mont Lafayette en passant par les Monts Liberty et Lincoln. Un peu plus loin, j’ai une belle vue sur la crête parcourue depuis mon départ. La brume a maintenant laissé place à un ciel dégagé mais avec des vents intenses. Je dois mettre mon coupe-vent pour être plus confortable.

 

Franconia ridge (Mt Liberty, Mt Lincoln et Mt Lafayette)

Point de vue du Franconia ridge vers le Mt Cannon et les Monts Kinsman


 15h57 (temps en mouvement: 8h27)

Au sommet du Mont Lafayette. J’hésite. Est-ce que je continue vers le Mont Garfield ou je descends tout de suite? J’estime à 3 heures cet aller-retour sur le Garfield Ridge. Avec ce que je planifie comme trajet prochainement pour réaliser l’ascension des 48 sommets, je prends la décision de rayer le Mont Garfield de ma liste dès aujourd’hui.

 

17h17 (temps en mouvement: 9h47)

Un 8e sommet atteint. Yeah. Je ne tarde pas trop car ma journée de rando-course est déjà un peu plus longue que ce que j’ai anticipé. Mes réserves de liquide diminuent aussi. J’ai entrepris ce périple avec 1.5 litre d’eau et 2 bouteilles de 500 mL de boisson sportive. J’ai bien hâte d’arriver au Greenleaf Hut pour refaire mes réserves.

 

 

19h15 (temps en mouvement: 11h45)

M’y voilà. Plusieurs randonneurs sont installés pour le souper. Grâce à un petit 2$ que j’avais pris soin d’amener, on me permet de prendre un morceau de gâteau à l’érable. Succulent. Et plein d’énergie pour la descente via Greenleaf Trail.

20h15 (temps en mouvement: 12h45)

 

 

 

 


De retour à mon point de départ.

12h45 pour parcourir environ 50km et 3000 mètres D+.

Il ne reste que 40 autres sommets à atteindre maintenant.

La suite: une 2e aventure dans les Montagnes Blanches.

Sébastien

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