Marathon of Kindness

Prologue

Lors du weekend menant au 3e lundi du mois d’avril, des milliers de gens convergent vers Boston pour participer au mythique Marathon de Boston. La ville vibre par la présence des coureurs, de leurs accompagnateurs et de tous les spectateurs. Parmi les protagonistes, nous retrouvons un duo : un coureur de Sherbrooke, Sébastien et une coureuse de Chicoutimi, Marie-Michelle. Ils sont accompagnés des parents de celle-ci, Nicole et Luc, et de l’équipe Kartus, les concepteurs d’une chaise qui permettra au duo de compléter la distance de ce marathon.

Lorsque Sébastien et Marie-Michelle sont réunis au Copley Square de Boston deux jours avant la course, une anecdote touchante, racontée par Marie-Michelle, conduira au titre de cette pièce :

Dans un kiosque extérieur, Marie-Michelle porte son regard sur les manteaux aux couleurs du Marathon de Boston. Elle est intéressée par ce dernier. Elle doit cependant essayer différentes grandeurs pour faire le bon choix. Durant cette période d’essayage, une personne assurant la sécurité s’approche. Il demande à Marie-Michelle si elle a fait son choix.

« The 2019 Boston Marathon is the Marathon of Kindness », dira-t-il en payant le manteau au coût de 110$. Un geste généreux de la part de cet inconnu.

Acte 1 : La veille à Hopkinton

Le village d’Hopkinton, à près de 40 km à l’ouest de Boston, sera le théâtre du départ de la course. Pour l’instant, tout est calme. Rien ne laisse présager que plus de 25 000 coureurs envahiront cette petite municipalité le lendemain matin.

En marchant dans les rues, le duo et leurs accompagnateurs découvrent la statue de Dick et Rick Hoyt mieux connus sous le nom de Team Hoyt. Un père dévoué qui a permis à son fils handicapé de participer à de nombreuses courses dont plus de 30 marathons de Boston. Demain, Marie-Michelle vivra la fébrilité de son premier marathon de Boston quant à Sébastien, ce sera son treizième.

Acte 2 : Le matin de la course

Le rideau se lève sur un ciel déchiré par les éclairs. Des orages sévissent. Des conditions qui ressemblent à ce que les coureurs ont vécu l’année précédente.

La dizaine de duos et ceux en handicycles sont tous réunis sous un grand chapiteau tout près de la ligne de départ. Il y a beaucoup plus d’espace que dans les tentes, sur un terrain de football à proximité, pour les milliers de coureurs qui y seront entassés. Ici, il y a des chaises pour s’asseoir et de la nourriture pour emmagasiner toute l’énergie nécessaire. Malgré la pluie, le duo est d’attaque pour relever le défi à venir. Les parents de Marie-Michelle ont même la chance de vivre cette attente avec les coureurs.  

Mais, pour que le scénario soit parfait, il faudrait bien que les averses cessent avant le départ.

Acte 3 : Départ de la course

Tout juste avant de quitter la tente pour se diriger vers la ligne de départ, la pluie cesse. Il est 9h environ. Le départ est à 9h25. Pour que les chaises ne nuisent pas aux milliers de coureurs, les organisateurs ont prévu un départ 35 minutes avant le départ de masse et 7 minutes avant celui des femmes élites.

Les handicycles et les duos s’approprient la scène. Ils sont maintenant sur la ligne de départ.

Aucune répétition pour cette course. Sébastien et Marie-Michelle n’ont pas eu la chance de courir ensemble depuis leur marathon à Montréal qui leur a permis de décrocher un Record Guinness. Mais, la mise en scène est connue pour Sébastien. Avec cette 13e participation, il connaît les obstacles que peut présenter ce marathon. Le duo est prêt pour cette grande première.

Le départ est donné.

Ensemble vers l’avant, vers Boston, le duo s’élance.

Acte 4 : En route vers Boston

En cette journée du Marathon Monday, c’est congé du Patriots’ Day au Massachusetts. Pour plusieurs, le Marathon de Boston, c’est leur Super Bowl. Ils sont plus de 500 000 spectateurs le long du parcours et du haut des balcons. Une foule venue encourager leurs proches, aux premières loges pour voir passer les coureurs élites mais au final, une foule bruyante pour applaudir tous les coureurs.

Le marathon peut être vécu dans sa bulle mais, il y a un danger d’accorder trop d’importance aux messages négatifs envoyés par le corps. Au Marathon de Boston, il faut livrer sa performance en interagissant avec la foule. Le pouvoir des spectateurs ne peut être sous-estimé. Ils transportent les coureurs. Sébastien le sait. Ils sont tous là pour eux.

Avec leur départ avant la masse de coureurs, la route appartient aux duos. Tous les projecteurs sont tournés vers eux. Ils endossent leurs rôles à merveille : présenter un visage différent de la course à pied, partager le bonheur de courir sur ce parcours tant convoité. Et tout ça, en échangeant des sourires avec toutes ces personnes.

Sébastien n’hésite pas à demander aux spectateurs de faire plus de bruit, de crier plus fort. Quel vacarme dans tous les villages traversés par le duo!!! Et malgré les crampes qui commencent à sévir au 25e km, Sébastien poursuit son dialogue avec tous ces gens. The show must go on. Toute cette énergie lui fait oublier ses douleurs.

Acte 5 : Au fil d’arrivée

L’apogée est atteint dans ce dernier virage qui amène le duo sur Boylston Street au centre-ville de Boston. Au loin, on aperçoit les estrades et l’arche qui annonce la fin du marathon. La foule est en liesse. Une vague de décibels qui amène une dernière accélération du duo.

C’est l’exultation, une explosion de joie. La ligne d’arrivée est franchie. Sébastien et Marie-Michelle, finishers du Marathon of Kindness.

Le temps final: 3h17. Toute une prestation par le duo.

Quelle fierté pour les deux coureurs qui retrouvent leurs accompagnateurs et célèbre cet accomplissement.

Et, le rideau tombe sur Boston et son marathon.

Épilogue

Autant de chemins qui ont permis la réunion de tous, voilà qu’après un bon repas partagé en groupe chacun retourne sur leur propre chemin. Marie-Michelle et sa famille feront un détour par la côte Est de la Nouvelle–Angleterre et l’équipe Kartus profitera encore un peu de la région de Boston. Fidèle à ses habitudes, sur le retour vers Sherbrooke, Sébastien fera une escale dans les Montagnes Blanches. Une escapade au Mont Lafayette pour prendre un cliché au sommet de la montagne d’une altitude de 5250 pieds avec le gilet et la médaille de l’édition 2019 du marathon.

Tous ces moments vécus  au marathon de Boston 2019 seront cristallisés sur pellicule grâce au travail apprécié de l’équipe PODIUM – Radio-Canada Sports avec le journaliste Jean-François Poirier, le réalisateur Sylvain Caron et les caméramans. Cette équipe a suivi le duo, les parents de Marie-Michelle et l’équipe Kartus pour produire le documentaire Toujours devant que vous pourrez visionner ici.

Sébastien Roulier (www.sebastienroulier.com)

Ultramarathonien, blogueur, conférencier, pédiatre, professeur, médecin gestionnaire et père de 3 enfants.

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